La pollution n’est plus un problème, affirme Mario Girard

Le débat sur la pollution causé par le port de Québec est relancé par le projet d'agrandissement.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Le débat sur la pollution causé par le port de Québec est relancé par le projet d'agrandissement.

Les émissions de poussières de métal dans le quartier Limoilou sont chose du passé selon le patron du Port, Mario Girard, qui souligne que son projet d’agrandissement prévoit des installations couvertes sans risque d’émissions.

« Les mesures de mitigation, elles fonctionnent », a-t-il déclaré en entrevue au Devoir en marge d’une présentation du projet d’agrandissement du Port pour le grand public au Terminal de Croisières.

M. Girard souligne que les citoyens de Limoilou peuvent suivre en temps réel les concentrations de poussière dans l’air à la Station des Sables sur site Web. « Elle est là la confiance dans Limoilou. Il y a des gens qui nous appellent, qui sont contents de pouvoir constater de leurs yeux à eux que tout ce qu’on dit sur la poussière dans Limoilou, c’est réglé. »

Rappelons qu’en 2009, des résidants de Limoilou avaient reçu chez eux des concentrations anormalement élevées de poussière rouge puis de nickel en provenance du Port. Un phénomène confirmé en 2013 par une étude du ministère du Développement durable. Cet épisode fait d’ailleurs l’objet de deux actions collectives menées par le couple de résidants qui avait sonné l’alarme, Véronique Lalande et Louis Duchesne.

Contrairement au patron du Port, Mme Lalande ne croit pas que le problème soit réglé. La Station des Sables documente des choses « intéressantes » sur les fines particules, déclarait-elle la semaine dernière à la radio de CKRL récemment. Or la problématique touche plutôt aux « particules grossières » qui se déposent « en continu » dans le quartier.

Tout ou rien

Le débat sur la pollution en provenance du Port est relancé par son projet d’expansion qui est actuellement à l’étude. « Le Port de Québec est le plus vieux au Canada. Il faut générer de nouveaux revenus pour réparer nos infrastructures, dit-il. S’il n’y a pas de projet Beauport 2020, il n’y a pas moyen de réparer le Port de Québec. »

Quand on lui demande si ce projet est un « chèque en blanc », il rétorque que non parce « qu’il y a de l’intérêt pour des ports en eau profonde à 15 mètres » comme celui de Québec. « On est la porte du Midwest américain. »

Rappelons que le projet du Port consiste en l’agrandissement de la zone portuaire dans la zone du fleuve sur une longueur de 610 mètres à la hauteur du territoire de Beauport.

Estimé à 190 millions le projet est essentiel pour l’avenir du Port, plaide son président.

Depuis quelques jours, les citoyens peuvent consulter l’étude d’impact environnemental du projet produite par le Port, qui fait 1500 pages. Le document sera examiné lors de deux séances publiques avec modérateur de l’Agence canadienne de l’évaluation environnementale les 1er et 2 février.

À ceux qui s’inquiètent de l’impact du projet sur la qualité de l’air, le patron du Port insiste sur le fait que toutes les futures installations de vrac solide se feront à couvert.

Un argument qui ne convainc pas tout le monde. « Les vieilles installations vont encore être à découvert. S’ils veulent desservir un client qui n’a pas les moyens de payer cher, il va prendre les vieilles infrastructures à découvert », plaide le président d’Accès Saint-Laurent-Beauport Daniel Guay.

Son groupe s’inquiète en outre de l’ajour de « vrac liquide » et de « produits dangereux » dans le secteur « à moins de 2 kilomètres des résidences de Beauport. »

Le dossier du Port a par ailleurs rebondi à l’Hôtel de Ville en fin de journée quand la chef de l’opposition, Anne Guérette, a reproché au maire de Québec son appui au projet. « C’est irresponsable que le maire de Québec appuie le projet d’agrandissement du Port sans réserves et sans conditions avant la fin de la consultation citoyenne et de l’étude environnementale », a-t-elle déclaré.

Quelques minutes plus tard, dans sa première allocution de l’année, le maire a lancé un appel aux citoyens de Limoilou. « Je veux dire aux gens de Limoilou que nous allons les protéger. Nous n’accepterons pas qu’il ait des conséquences négatives à l’agrandissement du Port de Québec. Je l’ai dit à Mario Girard », a-t-il dit.

Prié de dire ce qu’il ferait si les intérêts du Port et ceux des gens de Limoilou entraient en conflit, il a ajouté qu’il « défendrait ceux de Limoilou » avant ceux du Port. « Ça, c’est certain », a-t-il dit.

Concernant les installations existantes qui sont à découvert, il estime toutefois que cela n’est pas de son ressort. « Là, c’est le ministère de l’Environnement qui doit donner la réponse là-dessus […] Le ministère est là-dessus, il fait du suivi. »