L’opposition se donne une chef et perd un conseiller

Yvon Bussières, conseiller désormais indépendant à la Ville de Québec, en compagnie de la nouvelle chef de l'opposition Anne Guérette
Photo: Yan Doublet Le Devoir Yvon Bussières, conseiller désormais indépendant à la Ville de Québec, en compagnie de la nouvelle chef de l'opposition Anne Guérette

L’un des trois conseillers de l’opposition à la Ville de Québec, Yvon Bussières, a décidé de quitter le parti pour siéger comme indépendant. Malgré les apparences, il affirme que cela n’a rien à voir avec l’élection de la nouvelle chef Anne Guérette.

« Je ne claque pas la porte », a déclaré le conseiller. « Je veux vivre l’expérience d’indépendant au conseil municipal », dit-il en soulignant qu’il souhaite ne plus avoir à suivre une ligne de parti et retrouver sa liberté de parole.

M. Bussières avait été élu en 2013 sous la bannière de Démocratie Québec, parti né de la fusion des opposants à Régis Labeaume. Largement minoritaire, le parti compte 3 conseillers, contre 18 pour l’équipe du maire.

Doyen du conseil municipal, M. Bussières a été élu pour la première fois en 1993 comme conseiller du Rassemblement populaire, le parti de Jean-Paul L’Allier. Il représente le district de Saint-Sacrement depuis lors.

Son départ survient à peine quelques semaines après l’élection d’Anne Guérette comme nouvelle chef du parti. Or, selon M. Bussières, ce n’est pas à cause de son élection qu’il s’en va. Il affirme d’ailleurs qu’il aurait quitté la formation même si l’autre candidat, François Marchand, avait été élu.

« J’attendais le bon moment pour le faire, dit-il. Ça ne peut pas être mieux que maintenant pour partir. Les finances du parti sont en bonne santé et Anne Guérette a une très bonne équipe autour d’elle au cabinet. »

Interrogé sur le risque qu’il nuise à l’opposition, Yvon Bussières a par ailleurs répondu « que cela pouvait [aussi] affaiblir un parti quand la conviction n’est plus là ».

À moins d’un changement notamment de sa santé, le conseiller a toujours l’intention de se présenter aux élections de l’automne prochain. « Je serais partant pour une course à trois », dit-il.

Mercredi, Mme Guérette a raconté que M. Bussières l’avait informée de ses intentions le vendredi avant Noël. « Sa décision était déjà prise, dit-elle. Il avait déjà envoyé sa lettre au greffe, alors moi je ne peux que l’accepter. »

La chef de Démocratie Québec reconnaît que cela l’a surprise. « Oui, je pensais qu’on allait continuer ensemble jusqu’au bout. » Questionnée sur la possibilité que cela affaiblisse sa formation politique, elle a rétorqué que son groupe « perdait un joueur » mais que ce n’était pas « un immense changement ».