La demande pour le transport adapté explose

La RTC a peur de ne plus pouvoir répondre à la demande en transport adapté.
Photo: Istock La RTC a peur de ne plus pouvoir répondre à la demande en transport adapté.

La demande en transport adapté a presque doublé en dix ans à Québec. Et ce phénomène, qui s’observe partout, découlerait en bonne partie du fait que les handicapés ont des vies de plus en plus actives et des loisirs de plus en plus variés. Reste à le financer.

Depuis 2005, le nombre de déplacements a augmenté de 94 % dans la capitale, a fait savoir mercredi Alain Mercier, le directeur du Réseau de transport de la capitale (RTC). C’est beaucoup plus que la hausse du reste de la clientèle (+ 19 %).

Le financement pour le Service de transport adapté (STAC) ne suit toutefois pas la cadence, selon M. Mercier. « Depuis 2012, les programmes ne sont pas bonifiés et la demande ne cesse jamais de croître », a-t-il dit.

Le budget stagne à un peu moins de 16 millions par année pour 806 000 déplacements en 2016. La Ville et le gouvernement paient respectivement 45 % et 41 % de la facture. Le reste provient de la poche des utilisateurs.

Or, depuis quatre ans, les services augmentent en moyenne de 4 % par année. « En 2017, nous sommes à risque de ne pas être capables de répondre à la clientèle. »

La hausse de la demande est généralisée, selon l’Office des personnes handicapées. À la grandeur du Québec, le nombre de déplacements annuels est passé de 4,6 à 7,9 millions entre 2002 et 2013. « Pour nous, c’est une bonne nouvelle, ça veut dire qu’il y a une meilleure participation sociale, a indiqué le porte-parole de l’Office, Michael Watkins. Il y a plus de gens qui vont à l’école, qui travaillent. »

La directrice de l’organisme Le Pivot à Québec, Ginette Faucher, a la même impression. « Les gens ont une plus grande autonomie et les bâtiments sont plus accessibles. Maintenant, ils peuvent aller un peu partout. »

Le Pivot organise toutes sortes d’activités pour les personnes avec des handicaps. Selon Mme Faucher, le service est très apprécié, mais il y a des irritants. « Le problème demeure toujours l’horaire », dit-elle. Ainsi, il n’est pas rare, selon Mme Faucher, que le transport arrive une heure plus tard que l’heure prévue, ce qui fait que les gens arrivent en retard aux activités.

Manque de financement et retards

Pour accroître son financement, le RTC ne peut pas augmenter la contribution des usagers puisque la loi leur garantit la même accessibilité que les autres citoyens.

En guise de solution, M. Mercier dit notamment chercher à rendre les autobus ordinaires plus accessibles pour certaines personnes handicapées. Selon Mme Faucher, ce n’est pas une mauvaise idée. Mais « certains ont besoin d’accompagnement », ajoute M. Mercier. « Ça demanderait peut-être une attention particulière des chauffeurs ou des formations. »

Suffit parfois d’y aller graduellement. « On a eu un jeune homme qui est venu travailler ici. La première semaine, sa mère l’a accompagné dans le bus tous les jours, puis, il l’a fait tout seul. »

L’Office des personnes handicapées estime par ailleurs que le financement n’explique pas tous les problèmes d’efficacité des services offerts au Québec. Selon M. Watkins, les services sont très inégaux d’un endroit à l’autre et il faut d’abord les « optimiser » pour s’assurer que les gens ont accès au même niveau de service partout.

1 commentaire
  • Christian Debray - Abonné 15 décembre 2016 07 h 07

    L'isolement mène au suicide

    Le transport adapté est devenu une risée. Souvent, les personnes ne peuvent pas en profiter si leur demande n’est pas reliée à la santé, cela laisse les personnes handicapées avec un sentiment d’impuissance et d’isolement. Ces deux sentiments sont un facteur majeur dans la décision du suicide assisté. La douleur elle-même n’a que peu de poids dans la décision. La pression socio-économique est immense, même s’ils se trouvent du travail, ils ne peuvent pas se fier au transport et perdent ce travail si valorisant.
    L’inefficacité du transport des personnes handicapées est une honte, ces personnes sont des humains comme les autres, pourquoi les pousser au suicide? Vous deviendrez vieux et handicapé un jour.

    Pensez-y encore.