La réforme des retraites fera économiser 43 millions à Québec

Le budget 2017 de la Ville de Québec prévoit un gel de taxes pour tous les contribuables, une première depuis que Régis Labeaume est au pouvoir.
Photo: Francis Vachon Le Devoir Le budget 2017 de la Ville de Québec prévoit un gel de taxes pour tous les contribuables, une première depuis que Régis Labeaume est au pouvoir.

Le projet de loi 15 a été payant pour la Ville de Québec, a souligné lundi le maire de Québec, Régis Labeaume, qui évalue avoir économisé ainsi 43,4 millions de dollars sur deux ans. Or les syndicats ont bon espoir de pouvoir tout reprendre s’ils remportent leur combat judiciaire contre la Loi.

« Ça me rend très très fier », a déclaré le maire Labeaume lors de la présentation de son budget.

Entre 2015 et 2017, les coûts du régime sont passés de 135,2 millions à 91,8 millions. Les économies découlent de la baisse de la cotisation de la Ville au régime ainsi que de la non-indexation automatique des rentes.

Invitée à réagir, la nouvelle chef de l’opposition, Anne Guérette, a dit que ces économies étaient une « bonne chose », mais elle laisse entendre que l’administration Labeaume n’est pas allée assez loin. « Ils nous avaient fait de grandes promesses, qu’on allait diminuer la masse salariale et on n’a pas de résultats tangibles encore. »

L’opposition se questionne aussi sur l’impact des contestations judiciaires entreprises par les syndicats municipaux. S’ils l’emportaient, disent-ils, la Ville aurait à tout rembourser avec intérêts.

Joint en après-midi, le président du Syndicat des cols blancs, Jean Gagnon, en a remis. « On va s’en aller en Cour suprême avec ce dossier-là, et l’ensemble des citoyens pourraient avoir à rembourser l’ensemble de la facture plus les intérêts. » M. Gagnon se demande en outre pourquoi les millions retirés du régime n’ont pas tous été utilisés pour financer des baisses de taxes. « Il dit qu’il économise 43 millions, mais le gel de taxes coûte 16 millions, alors je ne comprends pas pourquoi il ne donne pas les 43 millions. »

Rappelons que le budget 2017 de la Ville de Québec prévoit un gel de taxes pour tous les contribuables. Il s’agit d’une première depuis que Régis Labeaume est au pouvoir puisqu’il avait pris l’habitude de hausser les taxes au niveau de l’inflation.

Mais selon l’opposition, les citoyens de Québec demeurent « surtaxés » parce que la Ville de Québec « dépense trop », a dit Anne Guérette.

Ainsi, malgré la baisse de revenus entraînée par le gel des taxes, la Ville continue d’augmenter ses dépenses cette année de 1,1 %. Ce sont ainsi 15,8 millions de plus qui s’ajoutent au budget pour un total de 1,419 milliard.

Pour justifier l’augmentation des dépenses et investissements, l’administration Labeaume plaide qu’elle a voulu profiter des différents programmes de subventions disponibles, notamment en transport en commun et dans la réfection des infrastructures. « Dans certains cas de figure, on paye 17 cents dans le dollar, alors ça valait la peine », a dit le maire.

Concernant la réforme des arrondissements dont Le Devoir parlait lundi, c’est jusqu’à 20 millions qui seraient économisés sur cinq ans selon le maire. D’ici à 2019, la Ville évalue réduire les coûts des services de proximité de 6,8 millions, mais elle pense aller en chercher autant chaque année à partir de 2020.

Une affirmation qui laisse l’opposition sceptique. Selon le conseiller Paul Shoiry, d’autres réformes de la Ville se sont soldées par des échecs. La réforme, dit-il, « dénature » les arrondissements pour en faire des « directions centrales ».

Reste à savoir si le gouvernement ira de l’avant avec le projet de loi sur la capitale nationale tel quel puisque la réforme ne sera pas possible sans modification législative.

1 commentaire
  • Patrick Daganaud - Abonné 6 décembre 2016 08 h 15

    Je souhaite de tout coeur que les syndicats gagnent contre la Loi

    J'espère que les syndicats vont gagner leur combat judiciaire contre la Loi.

    Je l'espère pour eux, pour leurs membres et pour la population en général qui se fait croire ou à qui on fait croire que c'est la voracité syndicale qui plombe les finances publiques, alors qu'au contraire, selon toutes les études sérieuses, elle freine la détérioration salariale et celle des conditions de retraite de tous les travailleurs, y compris du privé.

    C'est un triste jour et un recul social horrifiant que celui où l'on empêche des syndiqués de négocier.

    Quant à Labeaume, diplômé en sciences sociales qui se réjouit du malheur qu'il engendre, il est de la même essence que le ministre Blais.
    Et ce n'est certes pas un compliment.