Coffre-fort virtuel: «Ça n’a pas marché», admet Labeaume

Régis Labeaume
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Régis Labeaume

Le maire de Québec, Régis Labeaume, reconnaît qu’il a échoué avec son projet de coffre-fort virtuel, mais fait valoir que ses autres réussites, comme l’amphithéâtre, compensent cet échec.

« On a essayé de faire pour le mieux et ça n’a pas marché. C’est tout », a laissé tomber le maire en marge d’une annonce sur un autre sujet lundi. Ce projet, dit-il, est « raté », mais « il y en a beaucoup qu’on a réussis. Par exemple un amphithéâtre à 30 millions [de dollars] de moins. »

Projet-pilote

Le coffre-fort virtuel est un projet-pilote lancé en 2009 qui devait permettre aux citoyens de régler des transactions avec la Ville sans papier, mais de façon sécuritaire, au moyen d’une carte à puce.

Le maire s’était lancé dans ce projet après avoir rencontré le groupe Almerys lors d’une mission en France. La ville avait par la suite acheté 30 000 cartes à puce de la compagnie pour un montant de 900 000 $. D’autres dépenses — des études et du temps en ressources humaines — ont fait passer les débours totaux à 1,5 million de dollars.

Or, sur les 30 000 cartes, seulement 900 avaient trouvé preneur. La Ville a par la suite cherché à réorienter le projet. Sans succès. Vendredi, Le Journal de Québec a révélé qu’elle l’avait enterré sans crier gare en juillet dernier.

Invité à réagir lundi, le maire n’a pas voulu donner de détails. « C’est parce que ça fait cinq ans qu’on en parle, c’est raté, c’est tout. […] L’idée était bonne, mais ça n’a pas fonctionné. »

Sa réaction a fait bondir l’opposition. « C’était la panacée. Il était enthousiaste. À tel point que la ville a englouti 1,5 million dans un projet que personne ne demandait et pour lequel on ne voyait aucune utilité, a déclaré le chef Paul Shoiry. C’est choquant. »

Plus tard au conseil municipal, le maire en a reparlé en soulignant que sur le 1,5 million investi, 900 000 $ provenaient du gouvernement du Québec. « On était en innovation technologique. Ça n’a pas marché. L’investissement provenait de l’argent des gouvernements. […] La Ville a payé 28 % de la facture ; le gouvernement 72 % de la facture », a-t-il dit.

La Ville est par ailleurs toujours en relations d’affaires avec l’entreprise Asentri, qui s’était aussi engagée à investir dans un bunker à données. Selon le maire, la Ville pourrait récupérer 150 000 $ en cas de désistement de la compagnie. « Ce qui ferait qu’au total, sur 1 250 000 $, le coût de la Ville, des payeurs de taxes, serait de 200 000 $. »


La diplomatie devra se faire à Québec

Il n’est plus question que le gouvernement rencontre des dignitaires étrangers à Montréal, martèle le maire de Québec. « Ça va être à Québec à l’avenir, a-t-il déclaré. Alors, lorsque ce ne sera pas tenu à Québec, je vais appeler qui de droit et je vais dire : “pourquoi vous n’avez pas été capables de venir à Québec ?” Et j’exigerai une réponse. » Jeudi dernier, Le Devoir révélait que près de la moitié de ces rencontres s’étaient déroulées à Montréal au cours de la dernière année. Le projet de loi sur la capitale nationale (109), qui est actuellement en commission parlementaire, établit que Québec est « le lieu privilégié et prioritaire » de l’accueil des dignitaires étrangers en visite au Québec, des rencontres diplomatiques, des sommets gouvernementaux, des grandes rencontres politiques et des négociations importantes, de toute nature, auxquels prend part le gouvernement.
3 commentaires
  • Gaston Bourdages - Abonné 22 novembre 2016 04 h 45

    Monsieur Labeaume, lorsque vous....

    ...dites que c'est le gouvernement qui paie,ne vous vient-il pas à l'idée que nous sommes les bailleurs de fonds de ce gouvernement, quelqu'il soit et est ?
    Il s'agit toujours de nos argents, monsieur Labeaume dont le 30 millions$ sauvés lors de la construction de l'amphithéâtre....avec nos argents et aussi les vôtres.
    Toute forme de gouvernement gère nos argents.
    Gaston Bourdages,
    Auteur d'un ouvrage littéraire non publiable....sur la conscience.

  • Bernard Terreault - Abonné 22 novembre 2016 10 h 48

    Holà !

    C'est moi à Longueuil qui ai payé pour ça! Y a-t-il eu appel d'offres? La firme française a-t-elle fait de gentils cadeaux au maire ou à de conseillers ou à fonctionnaires?

  • Gilles Théberge - Abonné 22 novembre 2016 11 h 59

    C'est bie connu

    Les gens de Québec sont allergiques à toute initiative progressiste qui met en cause l'innovation technologique!