750 000$ dorment dans les coffres du défunt CLD

L’abolition des CLD répondait à une demande de Régis Labeaume, qui y voyait une structure superflue dans la capitale.
Photo: Yan Doublet Le Devoir L’abolition des CLD répondait à une demande de Régis Labeaume, qui y voyait une structure superflue dans la capitale.

Deux fonds dédiés aux organismes culturels de Québec, dont une enveloppe en technoculture, dorment depuis deux ans dans les coffres du défunt Conseil local de développement (CLD) parce que le ministère de la Culture ne les a pas encore transférés à la Ville de Québec.

Les deux enveloppes totalisent 750 000 $. Il s’agit du Fonds d’investissement en technoculture (500 000 $) et d’un fonds visant à mobiliser des fonds privés locaux pour la culture (250 000 $), a appris Le Devoir.

Constituées lors de l’événement Horizon Culture en 2009, ces enveloppes donnaient accès à des prêts pour aider les organismes culturels à mobiliser d’autres fonds privés.

En vertu de l’entente avec le ministère de la Culture, l’argent devait être géré par le CLD de Québec. Or, en 2014, le CLD a été aboli par le gouvernement Couillard et les fonds n’ont pas été transférés depuis. Toutefois, l’organisation n’a toujours pas été dissoute et le conseil d’administration est toujours en place puisqu’il reste des fonds à administrer.

Proche d’une entente ?

Au ministère de la Culture, le service des communications n’avait pas pu obtenir de réponses dans ce dossier en fin de journée.

À la Ville de Québec, on confirme qu’on attend ces fonds. « Ils n’ont pas encore été transférés à la Ville, a indiqué le porte-parole David O’Brien. C’est sous la responsabilité du ministère. » La Ville, ajoute-t-il, est « en négociation » avec le ministère pour les transférer et on s’attend à ce que ça se fasse « prochainement ».

Pour la directrice de Productions 10e Avenue, Nancy Florence Savard, le transfert serait une « très bonne nouvelle ». « C’est un outil auquel on a fait appel pour deux longs métrages [Le coq de St-Victor et La Légende de Sarila). On s’en serait servi pour un troisième si ça avait été possible, mais il n’existait plus, a-t-elle expliqué. C’est vraiment un outil qui nous manque, et ça nous fait mal. »

L’entreprise, qui est spécialisée dans les films d’animation jeunesse, a reçu jusqu’à 150 000 $ pour un seul prêt, précise-t-elle. « Nous, on a des bailleurs de fonds de partout et, quand ils voient qu’on est soutenus ici, ça envoie un signal extrêmement positif. » Productions 10e Avenue a d’ailleurs remboursé les deux prêts sans problème par la suite, signale-t-elle.

Le fonds d’investissement en technoculture visait à soutenir des projets mêlant culture et technologies. Il répondait notamment à la volonté du maire Régis Labeaume de positionner Québec et le quartier Saint-Roch comme des destinations particulièrement branchées grâce aux alliances entre les artistes et le secteur du jeu vidéo, notamment.

En plus de distribuer les prêts, le CLD a organisé après 2009 des événements dans cet esprit, comme le Pecha Kucha et le Techoculture Camp.

Rappelons que l’ensemble des CLD du Québec ont été abolis en même temps que les Conférences régionales des élus (CRE) lors du Pacte fiscal transitoire signé entre le gouvernement libéral et les villes à la fin de 2014.

Décriée dans certaines régions, l’abolition des CLD répondait en revanche à une demande pressante de M. Labeaume, qui y voyait une structure superflue dans la capitale.