Les opposants au maire Labeaume croisent le fer

Anne Guérette et François Marchand ont débattu devant une soixantaine de personnes.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Anne Guérette et François Marchand ont débattu devant une soixantaine de personnes.

Les deux aspirants à la chefferie de Démocratie Québec (DQ), Anne Guérette et François Marchand, étaient plutôt sur la même longueur d’ondes lors du premier débat du parti d’opposition à Régis Labeaume, mercredi soir. L’un comme l’autre, ils concentrent leurs attaques sur le maire de Québec et critiquent particulièrement son bilan en matière de transport.

« La mobilité, ça va être l’enjeu le plus important de ma campagne électorale », a annoncé Mme Guérette durant le débat, qui a eu lieu dans un bar de la rue Saint-Jean, devant une soixantaine de personnes.

Plus question de miser sur l’élargissement des autoroutes, a-t-elle dit, en proposant des investissements additionnels de 200 millions de dollars sur quatre ans dans les transports collectifs.

Son adversaire, François Marchand, propose, quant à lui, d’instaurer un accès universel au transport en commun pour les étudiants, comme cela se fait à Sherbrooke. Les cégeps et universités seront prêts à y contribuer, selon lui, parce qu’ils ont des « problèmes de stationnement ». « Si cette mesure-là est appliquée, les universités règlent des problèmes, on augmente l’achalandage, l’offre est bonifiée. »

Mme Guérette, une architecte de formation et une passionnée de patrimoine, est conseillère municipale à Québec depuis 2007. Avocat spécialisé en droit municipal, François Marchand est un nouveau venu à Démocratie Québec, mais il a déjà été conseiller municipal à l’époque de Jean Pelletier.

Le parti fera son choix entre l’un et l’autre le 4 décembre prochain. D’ici là, un autre débat est prévu le 23 novembre, à l’occasion du cocktail de financement du parti.

Suffisance et « complexe du petit »

Les candidats veulent tous les deux revoir le processus de consultations publiques en s’inspirant du modèle de Montréal. Ils ont aussi vertement critiqué le style « autoritaire » du maire, pour reprendre les mots de Mme Guérette. Sa confiance des débuts s’est transformée en « suffisance », a déploré, quant à lui, M. Marchand.

Après avoir dit que le maire semblait souffrir du « complexe du petit », il a blagué sur sa propre petite taille en ajoutant : « Rassurez-vous ! Moi, j’ai pas l’intention d’être plus haut que celui qui mesure 6 pieds 4 pouces. »

Mme Guérette s’est portée à la défense des membres des conseils de quartier. « Ce ne sont pas des dinosaures contre le progrès, des vieux militants ou des bourgeois égoïstes, comme on a l’entendu ces dernières années. Ce sont des citoyens extraordinaires de tous les âges », a lancé la candidate, qui prône la télédiffusion des réunions des conseils de quartier.

Les deux candidats pensent aussi qu’il faut aider les jeunes à accéder à la propriété plus près du centre, pour freiner l’étalement urbain. « Il faut reprendre le contrôle de l’aménagement de notre territoire. Tout ce qui compte pour le maire de Québec, ce sont plus de taxes pour équilibrer son budget en fin d’année, parce qu’il dépense trop dans plein d’affaires dont on n’a pas besoin », a dit Mme Guérette.

M. Marchand a proposé de s’inspirer de nombreux programmes qui fonctionnent bien à Montréal, comme Accès Condo (un programme d’accès à la propriété) et les initiatives d’aménagement des ruelles.

Les deux candidats étaient si proches dans leurs propositions qu’une participante leur a suggéré, pendant la période de questions, de se présenter ensemble. Piquée au vif, Anne Guérette a alors promis que des désaccords allaient bientôt apparaître entre les deux. Elle a plus tard souligné que M. Marchand était contre un troisième lien entre Québec et Lévis, alors qu’elle n’avait pas pris position encore dans le dossier. « À l’heure où on se parle, il est trop tôt pour trancher », a-t-elle dit, avant d’ajouter que ce dossier était en train d’ériger « un mur entre le centre et les banlieues ».