Navette à l’aéroport: «Personne ne veut payer»

Le maire de Québec, Régis Labeaume
Photo: Francis Vachon Le Devoir Le maire de Québec, Régis Labeaume

Pas question pour la Ville de Québec d’assumer seule les coûts d’un service de transport en commun entre l’aéroport et le centre-ville estimés à 500 000 $ par an. L’aéroport doit apporter sa contribution, plaident le maire Régis Labeaume et le président du Réseau de transport (RTC), Rémy Normand.

« Essayez donc de faire votre part aussi », a lancé le maire en parlant de la direction de l’aéroport, lundi soir. « Tout le monde veut que ça se passe, mais personne ne veut payer. C’est le problème depuis le début », a-t-il ajouté plus tard.

La semaine dernière Radio-Canada rapportait que Québec était la seule ville canadienne de 500 000 habitants et plus à ne pas offrir un tel service. La Chambre de commerce, l’Institut de développement urbain et un ancien dirigeant du RTC plaidaient tous pour qu’on règle le problème rapidement.

Quant à la direction de l’aéroport, elle laissait entendre que la Ville et le Réseau de transport en commun traînaient les pieds dans le dossier. « Ça fait au moins dix ans que nous demandons au RTC d’assurer un service à l’aéroport », avait déclaré le porte-parole de l’aéroport de Québec, Mathieu Claise.

Le débat n’est pas nouveau et revient de façon cyclique dans la capitale. En 2012, le maire Labeaume disait lui-même qu’il était « gênant » qu’un tel service ne soit pas offert. Or selon une étude menée à la même époque, il en coûterait 500 000 $ par an pour offrir le service. M. Labeaume suggère aux dirigeants de l’aéroport de faire « comme Halifax ». Là-bas, « l’aéroport a accepté de donner 500 000 $ en 2011 à la société de transport locale pour acheter des bus et puis donner un peu plus de service à l’aéroport », a précisé Rémy Normand.

Achalandage suffisant ?

Malgré les désaccords entre la Ville et l’aéroport, il semble que les deux parties soient toujours en quête d’un compromis. « On est avec eux depuis plusieurs mois pour essayer de faire une analyse de marché qui traduirait de manière plus concrète : ce serait quoi le service à donner, qui en serait le gestionnaire et qui pourrait l’opérer », a fait valoir M. Normand.

Par ailleurs, l’administration Labeaume semble par moments sceptique sur la nécessité d’un tel service. Lundi, le maire a dit qu’il n’avait pas les moyens de payer pour des autobus circulant avec un ou deux passagers l’après-midi.

M. Normand a quant à lui réitéré qu’il n’avait reçu aucune plainte des usagers sur le manque de desserte à l’aéroport. Quand on lui fait remarquer que les touristes sont peu susceptibles de se plaindre du manque de services au RTC, il rétorque que l’aéroport pourrait lui, recueillir, ce genre de commentaires et les lui relayer.

Enfin, des aéroports de « même volume » (1,5 million de passagers par an) n’offrent pas non plus ce service, fait-il valoir. Ainsi parmi les aéroports de Saint-John (Nouveau-Brunswick), Regina et Victoria, seule Victoria offre un service de transport en commun, dit-il.