François Marchand, nouvel adversaire de Labeaume?

Si sa candidature se confirmait, François Marchand serait le deuxième opposant déclaré au maire.
Photo: Source Cabinet d'avocats Saint-Paul Si sa candidature se confirmait, François Marchand serait le deuxième opposant déclaré au maire.

L’avocat de Québec François Marchand songe sérieusement à se présenter contre le maire Régis Labeaume aux prochaines élections. Les sautes d’humeur du maire et les agrandissements d’autoroutes à Québec sont au nombre de ses sources de motivations.

« Il y a un mécontentement [envers l’équipe en place] qui est difficile à quantifier, mais les gens veulent un bon débat. Ils ne veulent pas une élection gagnée d’avance », affirme-t-il.

« Le niveau de discours de M. Labeaume est extrêmement décevant. Au lieu d’avoir des arguments, on méprise l’adversaire, on ridiculise toute personne qui n’a pas la même opinion », a-t-il déclaré jeudi. « Ça, ça vient me chercher beaucoup et on dirait que ça a augmenté depuis un an ou deux. »

Depuis que la nouvelle a été éventée à Québec, l’avocat spécialisé en droit municipal multiplie les entrevues. Si sa candidature se confirmait, il serait le deuxième opposant déclaré au maire, en plus de la conseillère Anne Guérette de Démocratie Québec.

Plusieurs facteurs ont joué dans sa réflexion, explique-t-il. « Il y a un certain nombre de dossiers où je pense que la Ville fait fausse route, comme le déménagement du marché [du Vieux Port vers le site du Centre Vidéotron] et la volonté d’agrandir des autoroutes. C’est un non-sens en 2016. […] La Ville est en train de rater un virage intéressant. »

Au sujet du troisième lien Québec-Lévis, il se montre perplexe. « J’ai beaucoup de réserve. D’abord, le projet qui a été présenté est beaucoup trop à l’Est et on en connaît pas les conséquences. […] Est-ce qu’on va régler un problème de circulation ou on va tout simplement l’alimenter en encourageant l’étalement urbain ? Ça, c’est la question fondamentale. »

Des antécédents politiques

Quoique peu connu du grand public, M. Marchand n’en est pas à ses premières armes en politique. Durant les années 1980, il avait été conseiller municipal pour le Progrès Civique au sein de l’équipe du maire Jean Pelletier. À la suite de son départ pour Ottawa, il s’était porté candidat à la mairie en 1993 et avait été défait par Jean-Paul L’Allier.

L’avocat spécialisé en politique municipale dit en outre avoir été encouragé à se lancer par différentes personnes, dont « au moins une » du parti d’opposition à la ville, Démocratie Québec.

Depuis quelques temps, il multipliait les interventions dans le débat public. Le 6 septembre dernier, il avait qualifié le projet de loi 109 sur la capitale nationale de « dangereux », notamment parce qu’il concentrait trop de pouvoirs autour du maire. Il avait aussi participé à un débat public sur le sujet deux jours plus tard à l’invitation d’un groupe de citoyens.

M. Marchand n’est toutefois pas considéré comme un critique notoire du maire Labeaume. Ainsi, lors de la présentation du contrat entre la Ville et Québecor sur l’amphithéâtre, il avait surtout souligné les mérites de l’entente.

Combat contre Guérette ?

M. Marchand a jusqu’à la fin du mois pour présenter sa candidature à la chefferie de Démocratie Québec. En entrevue, il reconnaît que le fait de joindre le parti aurait ses avantages. « Si on peut s’entendre, pourquoi pas ? […] Évidemment, un parti est un excellent véhicule. Par contre, si j’y vais d’une candidature individuelle, ça me donne quand même davantage de liberté. Tout ça est à considérer. »