L’opposition plaidera en faveur des référendums

Le chef de Démocratie Québec, Paul Shoiry
Photo: Antoine Letarte CC Le chef de Démocratie Québec, Paul Shoiry

Alors que le projet sur le statut de capitale nationale prévoit leur abolition, l’opposition à la Ville de Québec compte demander au gouvernement d’étendre la portée des référendums locaux.

Ces derniers, plaide-t-elle, devraient pouvoir avoir lieu même dans les secteurs où la Ville élabore des Programmes particuliers d’urbanisme (PPU). Démocratie Québec (DQ) va aussi demander qu’on change certaines modalités des référendums pour qu’ils soient plus « représentatifs », a appris Le Devoir. Le nombre de personnes requis à la signature du registre, par exemple, pourrait être révisé à la hausse.

Les propositions de DQ feront partie du mémoire qu’elle présentera lors de la commission parlementaire chargée d’étudier le projet de loi cet automne à des dates qui restent à déterminer par l’équipe parlementaire libérale.

Rappelons qu’en vertu de la loi, les citoyens d’un secteur peuvent réclamer la tenue d’un référendum sur un changement de zonage et l’obtenir s’ils signent le registre municipal en assez grand nombre. Or c’est impossible dans les secteurs déjà encadrés par des PPU. Depuis l’élection du maire Régis Labeaume, la Ville a multiplié les PPU sur son territoire, ce qui a limité à cinq le nombre de référendums locaux.

Silence du maire

L’opposition à la Ville de Québec partage en outre les inquiétudes de l’avocat François Marchand exprimées dans Le Devoir de mardi. En entrevue, ce dernier avait qualifié le projet de loi 109 de « trompeur » et de « dangereux », et déploré qu’on réduise le pouvoir des arrondissements tout en les concentrant autour de la mairie. « On partage plusieurs de ses préoccupations et de ses inquiétudes », a réagi mercredi le chef de Démocratie Québec, Paul Shoiry. « Les arrondissements sont là pour une raison, donner des services de proximité aux citoyens. Les élus des arrondissements doivent être responsables et rendre compte à leurs citoyens. Leur enlever des pouvoirs va à l’encontre de leur raison d’être », a-t-il dit.

L’abolition annoncée des référendums est un « élément majeur », a-t-il ajouté. « On peut changer les modalités, les critères, mais au bout du compte, on pense que le citoyen doit conserver ce droit, c’est un droit démocratique extrêmement important. »

Le maire de Québec, Régis Labeaume, n’a quant à lui pas voulu réagir aux propos tenus par Me Marchand. Son attaché de presse a fait valoir qu’il n’était pas disponible.


Rêver Québec

À un an des élections municipales, le parti du maire Régis Labeaume a lancé une consultation mercredi pour savoir à quoi « rêvent » les citoyens de la ville. « Je vous demande de nous transmettre ce que vous souhaitez pour les prochaines années à Québec : quels projets vous voulez voir réalisés. Que ce soit fou, que ce soit dingue, que ce soit très pratique, toutes vos idées sont bonnes ! » a déclaré le maire dans une vidéo rendue publique par le parti mercredi. La population est en outre invitée à choisir quels dossiers elle souhaite voir priorisés parmi la gestion des valeurs résiduelles, la voirie, les taxes, etc. C’est la seconde fois que M. Labeaume se prête à ce genre d’exercice depuis 2010.