Les sablières n’ont pas un impact significatif sur la pollution du lac Saint-Charles

Plusieurs sablières de grande taille se trouvent à proximité du lac Saint-Charles, principal réservoir d’eau potable de la ville de Québec.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Plusieurs sablières de grande taille se trouvent à proximité du lac Saint-Charles, principal réservoir d’eau potable de la ville de Québec.

Une première recherche sur les sablières situées autour du lac Saint-Charles n’a pas permis d’établir qu’elles avaient un impact significatif sur la dégradation du lac, mais les chercheurs veulent poursuivre la recherche.

« C’est quelque chose qu’on doit suivre. Il faut modéliser toutes les sablières et carrières », a fait valoir la chercheuse Luzie Scheinpflug lors d’une présentation à l’Université Laval mercredi.

Plusieurs sablières de grande taille se trouvent à proximité du lac Saint-Charles, principal réservoir d’eau potable de la ville de Québec. Étant donné que la santé du lac s’est dégradée rapidement ces dernières années, les chercheurs essaient de mesurer le rôle des sablières par rapport à d’autres causes, comme le développement immobilier.

C’est quelque chose qu’on doit suivre. Il faut modéliser toutes les sablières et carrières.

 

De mai à août, Mme Scheinpflug a prélevé des échantillons dans l’air, entre une sablière située au sud du lac et le bassin d’eau. Même si la sablière n’est pas dans le bassin versant du lac, on sait que les vents dans le secteur transportent des matières en suspension jusqu’à l’eau. Reste à savoir combien.

L’étude a démontré que les poussières augmentaient à la sortie de la sablière et qu’elles atteignaient le lac, mais les concentrations de sulfate et d’azote trouvées ne dépassaient pas les normes. « Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’impact sur l’écosystème, a signalé la chercheuse prêtée par l’Université Louis-et-Maximilien de Munich. C’est quand même très grave. »

Poursuivre le travail

Elle a recommandé qu’on évalue dans le futur l’impact de l’ensemble des sablières sur le territoire et qu’on documente mieux leurs activités pour arrimer les échantillonnages avec les périodes aiguës d’émission.

Elle a aussi souligné qu’il avait été difficile d’isoler l’impact des sablières des autres facteurs en raison des poussières découlant des nombreux travaux de construction à proximité du lac durant l’été. Selon la responsable de l’Association pour la protection de l’environnement du lac Saint-Charles (APEL), Mélanie Deslonchamps, il faudra au minimum deux ou trois ans avant d’avoir suffisamment de données pour formuler des conclusions.