La Ville de Québec présente son plan pour l’autoroute Laurentienne

La Ville de Québec ne rejette pas complètement l’idée de profiter de l’élargissement de l’autoroute Laurentienne pour ajouter une voie réservée, mais seulement aux portes du centre-ville, en direction sud.

« On ne crée pas une voie réservée pour 13 autobus », a avancé le maire Régis Labeaume, qui estime qu’une voie réservée est justifiée seulement à partir du moment où au moins 100 autobus circulent pendant l’heure de pointe.

La Ville présentait lundi sa proposition au ministère des Transports sur la forme à donner à l’élargissement de l’autoroute Laurentienne, qui relie le quartier Saint-Roch aux banlieues de Vanier, Limoilou, Charlesbourg et la Haute-Saint-Charles notamment sur une distance d’environ 7 kilomètres. L’ensemble coûterait 70 millions de dollars.

Le projet, qui vise à réduire la circulation, prévoit l’ajout d’une voie supplémentaire en direction sud et en direction nord, et d’allonger les voies d’entrée et de sortie.

De plus, des voies réservées pour les bus et le covoiturage seraient aménagées entre le boulevard Felix-Leclerc et le centre-ville. Dans cette portion de l’autoroute, on recense entre 96 et 118 autobus à l’heure de pointe. « On pense que tout le monde est gagnant », a répété le maire Labeaume qui pense aussi pouvoir relier les voies réservées au futur pôle d’échange du Service rapide par bus (SRB).

Le plan inclut aussi la reconstruction de deux ponts à proximité du Centre Vidéotron. La réfection de l’un d’eux devrait d’ailleurs être réalisée en priorité dans l’échéancier du plan.

Cela a d’ailleurs fait dire à l’opposition que le maire s’en servait afin de trouver « des solutions pour la sortie de l’amphithéâtre ». Depuis l’ouverture du Centre à l’automne, les automobilistes se sont plaints des bouchons de circulation à la sortie des grands spectacles.

De façon plus générale, les conseillers de Démocratie Québec estiment que le plan « fait penser aux projets autoroutiers des années 1950 et 1960 ». « On reporte le problème à plus tard », a dit le chef Paul Shoiry.

Très loin du projet du ministère des Transports

Chose certaine, le projet de la Ville de Québec est très différent des plans du ministère des Transports, qui souhaite intervenir dans un secteur complètement différent de l’autoroute. Le ministère préconise en effet un élargissement plus au nord, à la hauteur de l’arrondissement de Charlesbourg (entre Louis XIV et la sortie de La Faune).

À l’origine, il souhaitait y aménager une voie réservée, mais s’est buté à une forte opposition de la Ville, qui estimait que le nombre d’autobus circulant dans le secteur à l’heure de pointe n’était pas suffisant.

Le maire Labeaume recule sur la question des pitbulls

Le maire Labeaume a finalement décidé de ne pas faire adopter son règlement interdisant les pitbulls. « On a toujours dit que ce règlement-là ne serait jamais adopté. […] On n’éliminera pas les pitbulls. On a voulu frapper fort pour que ça bouge », a-t-il dit en ajoutant qu’il allait maintenant attendre que le gouvernement réglemente avant d’agir.

À la mi-juin, le maire Labeaume avait annoncé que les chiens seraient bientôt bannis du territoire de la ville dans une vidéo très médiatisée. La même semaine, le comité exécutif avait modifié son règlement pour bannir les pitbulls à partir du 1er janvier 2017. L’avis de motion n’a toutefois jamais été soumis au vote au conseil municipal et le maire a récemment fait savoir qu’il y aurait des « assouplissements » au règlement.

Pour justifier son changement de cap, le maire a dit que l’application du règlement était virtuellement « impossible » parce qu’un mandat de la cour était nécessaire pour saisir un chien. M. Labeaume a reconnu ensuite qu’il le savait avant de modifier le règlement, mais qu’il souhaitait exercer de la pression sur le gouvernement. « On savait ça, mais on voulait mettre le pied à terre. »

Lundi, des propriétaires de ces animaux avaient de nouveau manifesté devant l’hôtel de ville pour convaincre le maire de reculer.
1 commentaire
  • Jean Richard - Abonné 5 juillet 2016 09 h 37

    Le plus qui deviendrait moins ?

    « Le projet, qui vise à réduire la circulation, prévoit l’ajout d’une voie supplémentaire en direction sud et en direction nord, et d’allonger les voies d’entrée et de sortie. »

    Il faudrait qu'on nous explique comment l'ajout de voies sur une autoroute va réduire la circulation. Il doit y avoir une erreur mathématique quelque part.

    Ou s'agirait-il d'un lapsus, où le mot congestion a été malencontreusement remplacé par le mot circulation ? Dans ce cas, il faut savoir une chose : l'ajout de voies de circulation ne réduit pas la congestion. Elle ne fait que la déplacer, tout en l'augmentant. Cette croyance du siècle dernier en l'ajout de voies pour éliminer le problème de la congestion a été déboutée par la réalité : la congestion n'a fait qu'augmenter.