Les façons de faire du commissaire au lobbyisme sont critiquées à Québec

L’ancienne mairesse de Lévis Danielle Roy-Marinelli
Photo: Yan Doublet Le Devoir L’ancienne mairesse de Lévis Danielle Roy-Marinelli

Après le maire Régis Labeaume, c’est au tour de l’ancienne mairesse de Lévis Danielle Roy-Marinelli de reprocher au commissaire au lobbyisme d’abuser de ses pouvoirs et de demander à l’Assemblée nationale d’intervenir.

« Cette organisation, à ses plus hauts niveaux, semble avoir fait malheureusement le choix de l’intimidation au lieu de l’information afin de faire connaître son rôle, déplore l’ancienne élue dans une lettre transmise au Devoir. La manière dont elle agit et sa façon de voir les élus comme des marionnettes comportent des risques de dérives très élevés. »

Mme Marinelli tenait à réagir à l’acquittement, la semaine dernière, du promoteur Michel Dallaire pour lobbyisme illégal. L’affaire remonte à 2013, quand M. Dallaire avait écrit à la mairesse concernant un projet immobilier qui risquait d’être bloqué par un règlement de zonage.

Le commissaire avait vu dans cette lettre une démarche de lobbyisme illégal puisque M. Dallaire n’était pas inscrit au registre. Or, la cour lui a donné tort.

Selon l’ex-mairesse de Lévis, cette affaire n’aurait jamais dû aboutir devant les tribunaux. « J’estime sérieusement qu’il serait profitable pour l’ensemble de la société que cet exemple de judiciarisation inutile soit l’occasion pour les élus de l’Assemblée nationale de s’interroger à nouveau sur la vraie mission du commissaire au lobbyisme et surtout de voir à encadrer et à recentrer ses attributs et ses pouvoirs », écrit-elle.

Abus de pouvoir

Mme Marinelli suggère en outre que le commissaire abuse de son pouvoir pour « faire connaître son existence encore trop anonyme ». Elle conclut que « cette façon de faire est inacceptable, éthiquement gênante et relève de pratiques abusives ».

À Québec, le maire Régis Labeaume remet régulièrement en question le comportement du commissaire au lobbyisme François Casgrain. Lundi, au conseil municipal, il l’a qualifié de « ridicule » et invité le gouvernement à le remplacer par quelqu’un d’autre.