Nathalie Normandeau avait une influence croissante à Québec

Nathalie Normandeau
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Nathalie Normandeau

En un peu plus d’un an, Nathalie Normandeau avait réussi à complètement relancer sa carrière grâce à la radio. Son succès populaire était tel que certains l’avaient pressentie comme candidate à la mairie de Québec contre Régis Labeaume en 2017.

Depuis jeudi, beaucoup de gens la plaignaient dans les vox pop et surtout sur les ondes du FM93. « Moi, ce matin, c’est comme si c’était à une soeur, ma fille ou quelqu’un de ma famille tout d’un coup que c’était arrivé, de se faire arrêter comme ça. On est là, on fait notre ménage, on fait ce qu’on a à faire, on prend notre dîner et on entend son rire tout le temps », disait une auditrice lors d’une ligne ouverte animée par Éric Duhaime, l’ancien coanimateur de l’ex-politicienne, jeudi.

Lancée le 1er janvier 2015, l’émission Normandeau-Duhaime s’était vite hissée au 2e rang pour les cotes d’écoute du midi. Moins d’un an après ses débuts, Cogeco renouvelait les contrats des animateurs pour trois ans.

Souvent révoltés, Normandeau et Duhaime se disaient au service de la majorité silencieuse. Dès leurs premières semaines en ondes, ils avaient par exemple organisé un cocktail pour financer la cause de Jean-François Morasse (qui poursuit Gabriel Nadeau-Dubois devant les tribunaux pour outrage au tribunal). Quand on lui avait demandé si c’était une bonne idée pour elle d’organiser un cocktail de financement alors que la formule avait beaucoup terni son parcours politique dans le passé, elle avait rétorqué que l’association d’idées était « mesquine ».

Mme Normandeau était devenue si populaire que certains la pressentaient comme candidate à la mairie de Québec en 2017. La rumeur a circulé pendant des mois avant qu’elle ne la démente en ondes à la fin janvier. « J’ai un contrat ici [le FM 93] jusqu’en 2018, alors pourquoi je quitterais la radio ? J’ai énormément de plaisir à faire ce que je fais avec vous autres, avec Éric, avec les auditeurs », avait-elle dit.

Concernant son passage devant la commission Charbonneau, elle l’avait évoqué brièvement avec Éric Duhaime dès sa première émission. « Je suis allée, j’ai répondu aux questions pendant plusieurs heures. Alors, aujourd’hui, je te regarde dans les yeux, Éric Duhaime, je te dis que tout ce que j’avais à dire a été dit. J’ai toujours fait mon travail de façon impeccable, de façon intègre, de façon honnête. […] Aujourd’hui, je t’annonce qu’on passe à un autre appel. On tourne la page. »

Au départ beaucoup plus nuancée que son collègue, l’ancienne ministre avait adopté progressivement un style plus revendicateur. Elle avait notamment dénoncé avec colère la prise de position de Philippe Couillard à Paris contre la filière des hydrocarbures. « Nous autres, les quêteux du Canada, on va continuer à faire les beaux devant Al Gore et les grands verts de la planète en disant que c’est ici qu’on ne met pas en valeur notre pétrole et notre gaz naturel parce que c’est nocif pour l’environnement et que c’est mauvais pour les prochaines générations. Pendant ce temps-là, qui va s’occuper de l’économie du Québec ? Qui va s’occuper des jobs au Québec ? Est-ce que c’est Al Gore qui va faire ça ? La réponse, c’est non ! » lançait-elle en ondes le 7 décembre dernier.

Ses reproches au gouvernement de Philippe Couillard lui avaient aussi valu des critiques de son ancienne collègue Monique Jérôme-Forget, qui avait souligné que Mme Normandeau n’avait pas de diplôme en économie. L’ancienne vice-première ministre avait toutefois soutenu en ondes que d’autres libéraux étaient d’accord avec ses critiques et affirmé qu’un membre du cabinet du premier ministre lui avait envoyé un message pour lui mentionner qu’ils « seraient dus pour un lunch ».

Maxime Roy, l’avocat des causes casse-gueule

L’avocat de Nathalie Normandeau collectionne les dossiers médiatisés. En plus de son dossier, il défend notamment le recours de Jean-François Morasse en Cour suprême contre Gabriel Nadeau-Dubois.

Au dire de M. Morasse, Me Roy est un avocat « chirurgical ». « C’est quelqu’un qui fait vraiment toutes les vérifications nécessaires, fait beaucoup de recherches. Il est très consciencieux. » Le jeune avocat avait offert de prendre la cause pro bono de l’étudiant en 2012. « Je l’ai choisi parce qu’il voulait le faire pour les mêmes raisons que moi : pour le droit et parce que c’est une question de principe », explique M. Morasse, qui dit avoir eu d’autres offres d’avocats qui voulaient défendre sa cause simplement parce qu’ils « n’aimaient pas » Nadeau-Dubois. En décembre dernier, la Cour suprême a accepté d’entendre la cause (M. Morasse avait gagné en Cour supérieure et perdu en Cour d’appel).

Outre le dossier de Jean-François Morasse, Me Roy est responsable du dossier de Simon Beaulieu, le policier accusé de négligence criminelle et de conduite dangereuse à la suite du décès du cycliste Guy Blouin. La conférence de gestion dans ce dossier doit avoir lieu lundi.

Originaire d’Arvida, Maxime Roy a établi sa pratique à Québec, où il est associé à l’avocat Carl Thibault. Il intervient régulièrement dans les médias pour faire de la vulgarisation sur des enjeux généraux de droit qui ne sont pas en lien avec ses dossiers. Il enseigne aussi la représentation pénale et le droit criminel à l’École du Barreau.
1 commentaire
  • Donald Bordeleau - Abonné 20 mars 2016 00 h 33

    Madame Normandeau est le bouc émissaire des poursuite contre le PLQ. D'autres se cachent derrière le rideau.

    "Nathalie Normandeau lors de son party de démission a d'ailleurs tenu à remercier celui qui l'a convaincu de faire le saut en politique provinciale et qui lui a fait confiance. « Tout ce que j'ai appris de la politique c'est M. Charest qui me l'a enseigné. »"

    Après l’épisode Normandeau au MAROT, il reste les dossiers comme Hydro-Québec ( sic), le bordel informatique, l’époque 2010 des tableaux blancs informatiques, le MTQ et les contrats dirigés vers des firmes comme DJL sous le règne de Madame Boulet comme par exemple la firme Maskimos mit de côté par le MTQ, le fouillis de l’aménagement des terrains de sport de la ministre Michelle Courchesne avec la firme Pluritec poursuivit pour des allégations de fraudes fiscales, toute la collusion pour les coûts sur les usines d’asphaltes, les produits uniques pour les lampadaires et gardes fous, une seul fournisseur avantagé pour les cônes de signalisation et aussi toute la participation des fonctionnaires à cette dérive dans les ministères du gouvernement.