L’opposition à Québec veut garder anonymes ses petits donateurs

Le chef du parti Démocratie Québec durant la campagne électorale, David Lemelin
Photo: Yan Doublet Le Devoir Le chef du parti Démocratie Québec durant la campagne électorale, David Lemelin

Démocratie Québec s’oppose à ce qu’on force la divulgation des noms des donateurs de partis municipaux à partir de 50 $ au lieu de 100 $, comme le propose le projet de loi omnibus 83 qui est étudié cette semaine en commission parlementaire.

« Un certain nombre de contributeurs ne souhaitent pas que leur nom soit publiquement associé à un parti politique ; souvent, il s’agit de personnes du milieu des affaires qui veulent éviter la pression ou le harcèlement que peut entraîner cette information », plaide le parti dans un mémoire qui doit être présenté ce jeudi.

« Cette modification aura pour effet de rendre toujours plus difficile le financement des partis politiques d’opposition. »

Lors des dernières élections municipales à Québec, plus du quart des donateurs de Démocratie Québec avaient fait des dons de 95 $ ou moins pour que leur nom ne soit pas rendu public.

Cette pratique avait été vivement dénoncée par Régis Labeaume qui y avait vu un manque de « transparence ». Le chef de Démocratie Québec durant la campagne, David Lemelin, s’était défendu en disant que ses donateurs avaient « peur » du maire de Québec.

Démocratie Québec s’oppose aussi à ce que les dons maximums permis passent de 300 $ à 100 $. Selon ce parti, cela « coupera l’herbe sous le pied des partis d’opposition et des candidats indépendants ». Il ajoute qu’en « réduisant le montant maximum des contributions, le projet de loi favoriserait la réélection des administrations en place puisqu’il serait plus difficile pour les partis d’opposition et les candidats indépendants de faire campagne ».

DQ s’inquiète en outre de la nouvelle méthode de calcul des budgets de recherche des élus, qui pourrait passer de 43 000 $ à 11 000 $ à Québec. Cette dernière mesure a aussi été critiquée par la Ligue d’action civique mardi, qui appréhende des conséquences négatives dans d’autres villes. Selon ses calculs, ce budget passerait de 27 000 $ à 15 000 $ à Laval et de 24 000 $ à 11 000 $ à Gatineau.

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