Du recrutement à la rétention

L’intégration des conjoints des travailleurs est « hyper importante », selon Marie-Josée Chouinard, directrice aux investissements étrangers chez Québec International (QI).
Photo: iStock L’intégration des conjoints des travailleurs est « hyper importante », selon Marie-Josée Chouinard, directrice aux investissements étrangers chez Québec International (QI).

De plus en plus d’entreprises se tournent vers l’étranger pour recruter des travailleurs. Mais encore faut-il les garder. Sur le terrain, on constate de plus en plus que le succès de l’opération repose sur les services locaux d’accueil et l’aide apportée à leur famille.

À Lévis, l’organisme Le Tremplin vient de lancer un tout nouveau service du genre. « C’est parti d’un besoin, a expliqué la responsable Mylène Dion. Les gens arrivent ici mais ne sont pas préparés. Ils s’attendaient à avoir un appui de leur employeur, mais ils ne savent pas où aller pour leur logement, les enfants ne sont pas habillés pour l’hiver, ils n’ont aucune idée où est la garderie, etc. »

Le service a été conçu sur mesure pour les entreprises qui n’ont pas nécessairement les ressources humaines pour prendre en charge l’accueil à l’extérieur du travail. En échange, elles financent l’aide apportée par Le Tremplin à chaque employé.

Dans le passé, des travailleurs ont dû être hébergés dans le sous-sol de la responsable des ressources humaines d’une compagnie, raconte Mme Dion qui veut justement éviter cela.

« Quand ils vont arriver ici, c’est moi qui vais les accueillir à leur logement », explique la coordonnatrice du projet Mylène Dion. Bien avant d’arriver, les recrues sont en contact avec elle : « Je leur envoie un formulaire de besoins, ils le remplissent et je l’analyse. On se fait une entrevue Skype pour les accompagner dans le choix d’hébergement, l’école, la garderie. »

Lévis est l’une des villes les plus dynamiques au Québec sur le plan économique avec un taux de chômage de 4 %, et la proportion d’immigrants progresse vite. L’an dernier, Le Tremplin a accompagné 1223 immigrants en provenance de 62pays. « Il y a eu une hausse de 500 % en cinq ans », résume Mme Dion.

Desjardins est le premier employeur à participer au programme. Entre avril et juin, il doit accueillir une dizaine de techniciens informatiques en provenance de France.

Selon Québec International, les besoins vont en augmentant dans la région. « De plus en plus sur la Rive-Sud, on a des besoins de soudeurs, de machinistes, d’électromécaniciens », signale Marie-Josée Chouinard, directrice aux investissements étrangers chez Québec International (QI).

S’occuper des conjoints

Les rapprochements entre les organismes dédiés aux immigrants et les entreprises se « voient de plus en plus », et ce, « partout », selon Mme Chouinard.

QI est l’organisme qui chapeaute les opérations de recrutement à l’étranger pour la grande région de Québec, Lévis compris. Selon Mme Chouinard, 90 % des personnes embauchées restent ici, une proportion que le projet du Tremplin pourrait faire augmenter.

Elle souligne que l’intégration des conjoints des travailleurs est « hyper importante ». « Des 10 % qui partent, dans presque 100 % des cas, c’est à cause de la famille. Ils partent à cause du conjoint qui ne s’est pas trouvé d’emploi. C’est vraiment important de prendre en considération le conjoint. L’employeur se trouve un peu démuni parce que même s’il valorise le CV dans son réseau etqu’il est très proactif, il ne peut pas non plus trop s’immiscer dans les affaires de la famille au point de chercher à ce que le conjoint soit heureux. »

Elle ajoute que Lévis est à un tournant en ces matières. « Dans toutes les régions du Québec, c’est un besoin important. […] Plus les villes sont petites, plus elles y vont au cas par cas avec la débrouillardise qui leur est propre. Alors qu’à Lévis, le nombre commence à justifier la création d’un service. »

Groupes en immigration pénalisés: le gouvernement négocie avec la Ville

Les organismes en immigration de la grande région de Québec dont les fonds ont été coupés devraient récupérer leur financement, a appris Le Devoir. « On ne veut pas réduire l’argent en intégration qui vient du ministère dans la capitale », a fait savoir le porte-parole du ministère de l’Immigration, Jonathan Lavallée. Lundi, trois organismes de Québec, Portneuf et Charlevoix ont fait savoir que leur financement avait été interrompu dans la foulée de l’abolition de la Conférence régionale des élus (CRE). Au cabinet de la ministre Kathleen Weil, on précise que des négociations sont en cours avec la Ville de Québec pour qu’elle prenne le relais de la CRE dans le dossier. « On veut faire en sorte que la Ville prenne le relais pour la distribution des fonds », a expliqué son attaché de presse, Salim Idrissi.