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La couronne nord de Québec se montre ouverte

Photo: Robert Lafond / CC

De Sainte-Brigitte-de-Laval à Stoneham, les maires touchés par la problématique de l’eau potable ont tous accepté mardi de recevoir le maire Régis Labeaume pour discuter des actions à prendre afin d’assainir les cours d’eau dans leur secteur.

La veille, M. Labeaume s’était invité aux rencontres de leurs conseils municipaux bardés d’experts pour plaider sa cause. « Oui, il va y avoir une rencontre et tout le conseil va être là », a déclaré la mairesse de Sainte-Brigitte-de-Laval, Wanita Daniele. Les autres maires ont également accepté.

Depuis cinq ans, la principale réserve d’eau potable de la ville de Québec a pris l’équivalent de 25 ans d’âge, et le couvert de plantes aquatiques a crû de 40 %.

Avant Noël, les élus de la Communauté métropolitaine (CMQ) avaient adopté un moratoire de trois mois sur les nouvelles constructions dans le bassin versant. Or le consensus est fragile et M. Labeaume (qui préside la CMQ) veut notamment convaincre ses collègues d’intervenir rapidement sur les milliers de fosses septiques qui polluent les cours d’eau dans leurs secteurs.

Les villes de la couronne nord comme Stoneham, Lac-Delage, Lac-Beauport et Sainte-Brigitte-de-Laval sont particulièrement visées par les actions à prendre parce qu’elles voisinent le réservoir ou qu’elles sont situées dans son bassin versant.

Lundi, M. Labeaume avait écorché Robert Miller, maire de Stoneham, où des dizaines de permis de construction ont été délivrés en vitesse juste avant l’entrée en vigueur du moratoire. « Je n’ai pas d’objection à les rencontrer », a réagi Miller mardi sans cacher ses réserves. « Je cherche à trouver des solutions, mais en même temps […] j’ai des responsabilités face à l’ensemble de mes citoyens et j’en ai face à la protection de l’eau. »

À Lac-Delage, la mairesse Dominique Payette a aussi accepté la tenue de la rencontre, mais elle n’était pas disponible pour des entrevues.

Une menace à l’autonomie

Du côté du Lac-Beauport, la mairesse Louise Brunet a accepté aussi, mais elle est minoritaire à son conseil municipal et des conseillers ruent dans les brancards. Joint mardi, l’un d’entre eux, Marc Bertrand, a reproché au maire Labeaume de « leur enlever leur autonomie ». « On devrait recevoir un prix « méritas » au lieu des reproches », a-t-il dit. « On n’est pas contre l’environnement. On a des preuves qu’on ne pollue plus. » Appelée à commenter ces propos, la mairesse a suggéré qu’il « n’avait pas toute l’information ».

L’administration Labeaume organisait d’ailleurs un comité plénier sur ce même sujet mardi soir à l’hôtel de ville. Des experts sont venus plaider l’urgence devant les élus. Multiplication des fosses septiques autonomes, déboisement, construction d’autoroutes, les sources du problème sont nombreuses, a plaidé Mélanie Deslongchamp, directrice pour la protection de l’environnement du lac Saint-Charles et des marais du Nord. « Plus on ajoute des choses, plus il y a un effet d’accumulation, a-t-elle dit. Ce n’est pas une seule personne, mais tout le monde qui est responsable. »