Un ingénieur de Québec radié de l’Ordre

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Jostran Lamontagne, un ex-dirigeant de BPR, est radié temporairement de l’Ordre des ingénieurs du Québec parce qu’il a mis en place un système pour déjouer les appels d’offres à la Ville de Québec entre 2007 et 2010.

La décision rendue par le comité de discipline de l’Ordre vaut pour une durée de 18mois. M. Lamontagne, un ancien directeur du développement des affaires, a contrevenu à trois articles du code de déontologie de la profession touchant à l’intégrité, à l’usage de procédés malhonnêtes ou douteux et aux conflits d’intérêts.

Outre BPR, sept firmes se partageaient les contrats grâce à ce système, explique-t-on dans la décision du Comité de discipline. Le comité, au moyen d’un tableau de suivi des contrats, s’arrangeait pour que « chacun des entrepreneurs » obtienne les contrats « à tour de rôle ».

La firme choisie devait offrir à la Ville un prix inférieur ou équivalant aux barèmes de l’Ordre tandis que les autres faisaient des offres de 2 % supérieures à ce barème. Selon la preuve, le groupe se serait réuni près de 40 fois en trois ans.

La liste des contrats manipulés comprend par exemple le réaménagement de l’église Saint-Michel obtenu en 2008 par le consortium BPR-DAA au montant de 151 562,91 $.

M. Lamontagne a reconnu les faits, mais les commissaires disent n’avoir entendu aucune « preuve de remords de sa part ». « Au contraire, le Conseil perçoit chez l’intimé […] une attitude de je-m’en-foutisme. »

« Il semble ne manifester aucune critique envers les gestes qu’il a posés et semble vouloir en finir au plus tôt, en s’assurant de ne pas mettre en péril le renouvellement de son visa », ajoute-t-on. M. Lamontagne avait un emploi à San Francisco à l’époque des audiences en septembre.

Ce n’est pas la première fois que le système de contournement des contrats de Québec est détaillé publiquement. Ce stratagème était au coeur du témoignage de l’ancien vice-président d’Aecum Tecsult, Patrice Mathieu, devant la commission Charbonneau en 2012.

La même année, Équipe Labeaume avait remboursé pour 5500 $ de dons à trois individus, dont M. Lamontagne. Ces mesures avaient été prises dans la foulée de plaintes reçues par le Directeur général des élections (DGEQ).

Invité à réagir mardi, l’attaché de presse du maire, Paul-Christian Nolin, a souligné qu’il n’y avait pas de « signaux d’alarme » de l’existence d’un système de collusion à l’époquedes faits puisque les prix étaient maintenus à la baisse. Il reconnaît par contre que ce système a pu priver la Ville d’économies potentielles. « Tout ce qu’on souhaite, c’est que justice soit faite », a-t-il dit.

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