L’annexion de la paroisse Saint-Dominique crée des remous

À compter du 1er janvier, Saint-Dominique (notre photo), Saints-Martyrs-Canadiens et Saint-Jean-Baptiste appartiendront à une seule et même paroisse, celle de Saint-Jean-Baptiste. 
Photo: Jean Gagnon / CC À compter du 1er janvier, Saint-Dominique (notre photo), Saints-Martyrs-Canadiens et Saint-Jean-Baptiste appartiendront à une seule et même paroisse, celle de Saint-Jean-Baptiste. 

Le sort de l’église Saint-Dominique à Québec a donné lieu à de vifs échanges, ces derniers mois, entre le curé Pierre Gingras et des laïcs siégant au conseil de fabrique. La situation s’est envenimée au point où les initiateurs d’une pétition ont été qualifiés de « couillons » ou « d’hypocrites » par le curé dans un courriel.

La pétition réclame la tenue d’une rencontre de paroissiens sur la situation financière de la paroisse qui doit être annexée à Saint-Jean-Baptiste. Une centaine de personnes l’ont signée lors des messes des 7 et 8 novembre.

À compter du 1er janvier, Saint-Dominique, Saints-Martyrs-Canadiens et Saint-Jean-Baptiste appartiendront à une seule et même paroisse, celle de Saint-Jean-Baptiste. Même si elles sont gérées par une seule entité, des messes continueront d’être prononcées dans deux églises (Saint-Dominique et les Saints-Martyrs).

Le curé Pierre Gingras était absent à la messe où la pétition a circulé. Informé par courriel, il a réagi avec colère à l’initiative. « Quel mépris de ce que je suis ! Et un dimanche où je n’y étais pas ! J’hésite entre couillons et hypocrites », a-t-il écrit au marguillier qui la lui a transmise, André Juneau.

Les marguilliers sont les laïcs qui administrent la paroisse au sein du conseil de fabrique. M. Juneau interpelle le diocèse depuis des mois sur le comportement du curé dans son rôle de président de ce conseil.

Dans une pile de documents classés soigneusement, il a consigné les comportements du prêtre : « avoir omis de convoquer des membres », avoir « semoncé verbalement » l’un d’eux, avoir mis dehors la secrétaire sans raison suffisante, etc. « La place des laïcs est sérieusement mise à mal », fait-il valoir dans un document remis au Devoir. Il reproche au diocèse de « nier la réalité ».

Une décision déjà prise

Au diocèse, on souligne que la décision d’annexer la paroisse a été très mal acceptée. « On comprend que c’est difficile de vivre ce passage-là. […] Ça crée des tensions », soutient le vicaire général, Marc Pelchat.

Or il juge inutile d’organiser une rencontre pour en reparler, comme le réclame la pétition. « Ils veulent peser le pour et le contre de l’annexion. Or l’archevêque a déjà adopté un décret pour procéder. »

Seulement « une partie des marguilliers » font de la résistance, poursuit-il en soulignant que le plan de l’archevêque de Québec pour réduire le nombre de paroisses est « bien connu ».

Quant au comportement de l’abbé, le vicaire admet que certains propos écrits du curé sont « inacceptables », mais qu’ils traduisent « une certaine exaspération ».

Le principal intéressé, l’abbé Gingras, répète qu’il ne « comprend pas » ceux qui le critiquent. « J’ai été 15 ans curé à Vanier et quand je suis parti, il y a eu pétition par-dessus pétition pour demander à l’archevêque de me garder là, alors je ne dois pas être si mauvais. »

Concernant sa réaction à la pétition, il rétorque que le contenu du courriel « était privé » et « aurait dû le rester ». Il dit par contre ne pas regretter ses propos. « Ce n’est pas parce qu’on est prêtre qu’il faut tout subir. »

L’abbé Gingras souligne qu’en refusant de fusionner, l’église s’exposait à bien pire avec un risque de fermeture. À l’heure actuelle, la paroisse n’est pas en déficit. Grâce à un don majeur, le budget affiche un surplus de 120 000 $. Or le vicaire général souligne qu’il suffirait d’une « réparation importante pour que ça fonde d’un seul coup ».

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