La Ville de Québec financera l’étude sur la qualité de l’air à Limoilou

Le port de Québec en avril 2013
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Le port de Québec en avril 2013

La Ville de Québec débloque 440 000 $ pour payer une étude réclamée depuis longtemps sur la problématique de l’air dans Limoilou.

« Dans deux ans, on connaîtra la vérité. Il n’y aura plus de place pour la démagogie », a déclaré le maire, Régis Labeaume, devant le conseil municipal. « Enfin, après des décennies, ces gens-là vont connaître l’état réel de l’air ambiant de leur quartier. »

L’étude se déclinera en deux étapes. On analysera d’abord la qualité de l’air extérieur et ensuite d’autres facteurs environnementaux, comme les nuisances et le bruit, l’exposition aux sols contaminés, la chaleur urbaine, le logement et l’aménagement urbain, indique une lettre transmise au maire par le directeur de la Santé publique, François Desbiens.

L’administration Labeaume réclamait depuis deux ans une nouvelle étude de la Direction régionale de la santé publique sur le sujet, mais cette dernière ne parvenait pas à réunir les fonds. En la finançant elle-même, la Ville a voulu accélérer le processus, nous dit-on. « Cette étude-là, elle est demandée depuis longtemps », a fait valoir la conseillère du district de Limoilou, Suzanne Verreault, en parlant d’une « grande étude globale ».

Pas d’impact sur le projet du port

L’annonce survient alors que le port de Québec présente son projet d’expansion en comité plénier à la Ville. Le projet propose d’augmenter la capacité d’accueil de vrac du port grâce notamment à l’extension de la ligne de quai de 610 mètres. Or, une étude du ministère du Développement durable a établi que les concentrations élevées de nickel observées dans l’air du quartier provenaient de ses installations.

Interrogé sur les conséquences de l’étude sur le projet du port, le maire a dit qu’il s’agissait de « deux choses séparées ». « Le port veut s’agrandir, on est d’accord, mais il faut d’abord répondre aux questionnements, et la façon d’y répondre, c’est d’avoir une enquête complète. »

Véronique Lalande, la citoyenne qui avait sonné l’alarme dans le dossier en 2012, n’a pas été impressionnée par l’annonce de la Ville de Québec. « Le vrai portrait global reste à faire », a-t-elle réagi en entrevue.

Mme Lalande estime que l’étude n’a pas une portée suffisamment large. Elle plaide pour qu’on ajoute des stations d’échantillonnage dans le secteur au lieu de s’en tenir à analyser les données de la station des Sables, qui est actuellement utilisée par le ministère. Elle croit aussi que l’étude devrait porter sur un plus grand territoire que celui de Limoilou.

Récemment, Mme Lalande et son conjoint avaient déposé une plainte pour nuisance à la Ville à cause de la poussière qui s’accumulait chez eux. Un inspecteur de la Ville avait établi qu’il y avait pollution et nuisance.

Lors de la séance du conseil, l’opposition a reproché à l’administration Labeaume de n’avoir rien fait depuis. Son chef, Paul Shoiry, croit que la ville a trop tardé à agir dans l’ensemble du dossier. « Pourquoi ça n’a pas été fait avant ? a-t-il demandé. D’ici deux ans, y aura-t-il des gestes concrets qui auront été posés ? »