Le milieu communautaire crie famine

L’action de mercredi à Québec s’est déroulée sans heurts malgré quelques frictions avec les travailleurs.
Photo: Francis Vachon Le Devoir L’action de mercredi à Québec s’est déroulée sans heurts malgré quelques frictions avec les travailleurs.

Environ 200 représentants d’organismes communautaires ont tenté mercredi matin de bloquer l’entrée du ministère du Travail à Québec. Ils réclament beaucoup plus de moyens et dénoncent les coupes des derniers mois.

« Les gens arrivent chez nous avec une détresse psychologique de plus en plus grande et un appauvrissement accéléré. Chez les organismes en santé mentale, les listes d’attente s’allongent », a déploré leur porte-parole, Vicky Brazeau.
 
Les manifestants provenaient des quatre coins du Québec et représentaient 3300 des 4000 organismes communautaires du territoire, signale-t-elle.
 
En plus de dénoncer les coupes du gouvernement, ils craignent un non-renouvellement de leur financement qui tombe à échéance dans six mois. Les 300 organismes de défense de droits réclament que leur enveloppe passe de 16 à 40 millions de dollars par an.
 
Quand on lui fait remarquer que ça semble beaucoup, Mme Brazeau répond que leur budget n’a pas été indexé depuis au moins 14 ans.
 
Les 3000 autres organismes qui oeuvrent en santé et services sociaux réclament quant à eux 225 millions de dollars supplémentaires, alors qu’ils reçoivent à l’heure actuelle 498 millions.
 
Grève de deux jours

Mme Brazeau rappelle que, dans son budget 2014-2015, le gouvernement Couillard a annulé un investissement de 160 millions prévu par le gouvernement Marois. Elle constate que les organismes communautaires passent leur temps à fournir des services à la place du gouvernement alors que leur mission est de prévenir.
 
L’action de mercredi s’est déroulée sans heurts malgré quelques frictions avec les travailleurs. Elle avait été organisée par le Regroupement d’éducation populaire en action communautaire (REPAC) et le Regroupement des organismes communautaires de la région 03.
 
Les mêmes organismes doivent prendre part à une « grève communautaire » les 2 et 3 novembre. À ceux qui pourraient leur reprocher de laisser tomber des gens dans le besoin lors de cette grève, Mme Brazeau rétorque que « c’est déjà ce qui se passe. Il y a déjà des fermetures temporaires ».
 
Le cabinet du ministre du Travail, Sam Hamad, n’a pas fait de commentaires mercredi à la suite de cette action. L’attaché de presse du ministre, Salim Idrissi, a expliqué que ce dernier était actuellement en mission en Allemagne.

À voir en vidéo