Plus de peur que de mal avec le nickel

En 2012, le ministère du Développement durable avait conclu que les concentrations importantes de nickel trouvées dans l’air de Limoilou provenaient du port de Québec.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir En 2012, le ministère du Développement durable avait conclu que les concentrations importantes de nickel trouvées dans l’air de Limoilou provenaient du port de Québec.

La présence hors normes de nickel dans l’air du quartier Limoilou pose peu de risques pourla santé, selon un nouvel avis rendu public par la Direction régionale de santé publique (DRSP).

« La DSP juge que, dans l’ensemble, le risque pour la santé est faible », conclut l’avis complémentaire qui se base sur des données de 2014.

Même pour une personne ayant inhalé cet air pendant 70 ans, on estime que les risques de problèmes respiratoires chroniques sont « peu probables ». Même chose pour les risques de cancers.

Pour d’autres effets sur la santé (sur les grossesses ou la peau), la DSP manque de données quantifiables, mais soutient que les cas documentés ailleurs se basaient sur des « doses beaucoup plus élevées que les doses potentielles dans Limoilou ».

Rappelons que la DSP s’est penchée sur la question à la suite d’épisodes de poussière rouge dénoncés par des résidants en 2012. Le ministère du Développement durable avait ensuite documenté dans une étude que les concentrations importantes de nickel trouvées dans l’air provenaient du port de Québec.

Le nouvel avis de la Santé publique a été produit à partir des échantillons collectés par une station appartenant au ministère (la station des Sables). Mardi, le directeur de la DSP, François Desbiens, a en outre déploré que le Port n’ait pas encore accepté de partager les données qu’il collecte lui-même sur son territoire. Il a toutefois indiqué que les pourparlers avec la direction allaient bien.

Le Comité de vigilance citoyenne qui milite dans ce dossier depuis le début voit toutefois les choses autrement. « La quantité de poussière métallique qu’on reçoit, qui réagit à l’aimant, elle est ahurissante, affirme sa porte-parole, Véronique Lalande. Il faut arrêter de prendre le problème par le petit bout de la lorgnette, écarter les citoyens et ensuite venir dire qu’il n’y a pas de problème », plaide-t-elle.

L’Initiative citoyenne de vigilance du Port de Québec réclame enfin que la DSP évalue l’ensemble de la « soupe » des contaminants qui se trouvent dans l’air de Limoilou.

Interrogé à ce propos, M. Desbiens a dit en avoir l’intention, mais il ignore quand cela sera possible. Il indique que cela doit être discuté au sein du comité intersectoriel sur la contamination environnementale dans Limoilou (le CICEL). Ce comité réunit des représentants de la Santépublique, des services de santé généraux, des ministères concernés, du Port de Québec, des compagnies minières qui passent par le Port, de la Ville et du Conseil régional de l’environnement.

1 commentaire
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 1 octobre 2015 06 h 57

    Soupe

    À Québec, on critique la qualité de l'air et on grogne contre les structures qui pourraient contenir les polluants parce qu'ils nuiraient au décor; faites-vous une idée.

    PL