Quand l’immobilier favorise la densification

Photo: Olivier Zuida Le Devoir

L’opposition à la Ville de Québec s’attend à ce que l’état du marché immobilier et le dernier rôle d’évaluation poussent un nombre grandissant de promoteurs à détruire des maisons unifamiliales et à densifier.

« Dans le nouveau rôle [d’évaluation], la valeur des terrains augmente et la valeur des maisons diminue », a remarqué le chef de l’opposition, Paul Shoiry. Selon lui, cela « incite les promoteurs à faire l’acquisition des terrains, à détruire des maisons qui sont saines et faire de la densification ».

« On coupe des arbres, on rapproche les maisons des voisins de façon exagérée », a poursuivi M. Shoiry.

Le chef de Démocratie Québec faisait référence au nouveau rôle d’évaluation paru la semaine précédente. Malgré le ralentissement du marché immobilier, on observe à Québec une augmentation moyenne de la valeur des propriétés de 10,8 %.

Dans l’ouest de la ville, des groupes de citoyens continuent de dénoncer ce qu’ils appellent de la densification abusive. Lundi soir, lors de la séance du conseil, le Comité pour une densification respectueuse est venu déposer une analyse à ce propos.

Du temps

L’administration Labeaume rétorque que le document déposé lundi sera « considéré ». Le conseiller Rémy Normand a réitéré que la Ville avait déjà renforcé sa réglementation l’an dernier et qu’elle n’avait pas fini d’en mesurer l’impact.

« Comme ça fait un an seulement, l’effet véritable du 2020 [le nouveau règlement], on commence à peine à le percevoir. »

L’opposition affirme avoir vu plusieurs cas de densification abusive depuis l’entrée en vigueur du règlement. De son côté, M. Normand a affirmé que la Ville avait donné son aval à 63 demandes de permis au cours de cette période et que 17 autres étaient actuellement en traitement.

Le ton est de nouveau monté dans ce dossier pendant la période de questions des citoyens. « Je demeure à Sillery et mon quartier est en train de perdre son âme », a lancé une résidante avant de reprocher aux élus leur « manque de jugement ». Le maire lui a ensuite rétorqué que « c’est cette arrogance-là et cette suffisance-là, bourgeoises au possible, qui irritent toute la population ».