Un déménagement souhaité

Le P’tit marché solidaire de Limoilou, à Québec, vend des fruits et légumes à bon marché, distribués par des cyclistes, dans les déserts alimentaires du secteur.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Le P’tit marché solidaire de Limoilou, à Québec, vend des fruits et légumes à bon marché, distribués par des cyclistes, dans les déserts alimentaires du secteur.

Le déménagement du Marché du Vieux-Port sur le site de l’amphithéâtre de Québec pourrait contribuer à réduire l’insécurité alimentaire dans un secteur-clé, selon des responsables de la Direction régionale de santé publique (DRSP). « Selon moi, ce serait merveilleux », lance sans hésiter Céline Lepage, agente de planification à la DRSP. Pourquoi ? Parce qu’il permettrait une « meilleure accessibilité géographique » et que le Centre Vidéotron est justement situé à côté d’un désert alimentaire, aux frontières de Limoilou et de Vanier.

Sa collègue nutritionniste, Pascale Chaumette, renchérit : « En plus, il y a beaucoup d’autobus qui circulent dans ce coin-là. »

Le déménagement projeté du Marché du Vieux-Port a fait couler beaucoup d’encre ces derniers mois. Au printemps, un comité avait proposé de réaménager complètement les terrains autour de l’amphithéâtre pour y installer notamment un marché public, un projet vite endossé par le maire de Québec, Régis Labeaume. Or des résidants du secteur du Vieux-Port, des commerçants et des représentants de l’opposition ont déploré qu’on déshabille Pierre pour habiller Paul.

Mmes Chaumette et Lepage font valoir, toutefois, que ce marché est peu utilisé par les résidants des quartiers voisins comme Saint-Roch. « C’est surtout touristique », note Mme Lepage. La spécialiste, qui a beaucoup étudié la problématique de la pauvreté à Québec, y met toutefois quelques bémols.

« Reste à savoir comment le déménagement va être organisé. Si c’est encore fait pour les touristes, peut-être que la clientèle locale n’ira pas. Mais si c’est pour monsieur et madame Tout-le-Monde, comme le Marché Jean-Talon à Montréal, peut-être que les gens vont y aller. »

Elle ajoute que cela pourrait être avantageux « pour les dépanneurs et les épiceries des alentours », qui pourraient faire des ententes avec les maraîchers du marché et « améliorer leur offre ».

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