La basse-ville rattrape la haute-ville à Québec

Le nouveau rôle d’évaluation suit simplement le ralentissement du marché immobilier où on compte désormais un acheteur de condominium pour 19 vendeurs.
Photo: Getty Images Le nouveau rôle d’évaluation suit simplement le ralentissement du marché immobilier où on compte désormais un acheteur de condominium pour 19 vendeurs.

La valeur des terrains continue d’augmenter à Québec, mais moins qu’avant. La hausse de la nouvelle évaluation des immeubles s’établit à 10,8 % alors qu’elle s’élevait à 27,6 % trois ans plus tôt.

À la Ville, on parle désormais d’un retour à l’équilibre. « Moi, comme maire, je suis heureux que le marché soit moins effervescent, a commenté Régis Labeaume en point de presse mercredi. On ne veut pas de bulle et on veut que le marché soit accessible aux familles. »

Comme l’a expliqué le directeur de l’évaluation, Richard Côté, le nouveau rôle d’évaluation suit simplement le ralentissement du marché immobilier où on compte désormais un acheteur de condominium pour 19 vendeurs.

La valeur moyenne des maisons progresse ainsi de 8,3 % (contre 27,6 % en 2012). Les immeubles multilogements sont encore les plus touchés avec 14,5 % (six logements et plus) et 10,9 % (deux à cinq logements). Enfin, la hausse sur le marché du condominium se limite à 4,8 % soit cinq fois moins que la hausse du dernier rôle (26,4 %).

Dans le secteur commercial et industriel, les parcs industriels sont ceux qui écopent le plus avec une hausse moyenne de 20,2 %, suivis des petits commerces au détail (15,8 %).

Retour des accommodements pour le secteur privé

 

Comme d’habitude, les propriétaires ne sauront qu’en janvier comment cela se traduira sur leur avis d’imposition. Or on sait déjà que l’administration Labeaume va contenir l’impact de l’évaluation en limitant la hausse des taxes foncières au niveau de l’inflation.

Par contre, les résidants de secteurs où les hausses de valeur dépassent la moyenne (dans Limoilou et Saint-Roch notamment) devraient s’en ressentir davantage. Pour le maire, cela veut dire que l’écart entre la basse-ville et la haute-ville « se rétrécit ».

« Ça veut dire qu’il y a un engouement pour le centre-ville et ça paraît sur la valeur des propriétés », a-t-il dit en racontant avoir conseillé à ses enfants d’acquérir des propriétés dans Saint-Sauveur ces dernières années.

À l’inverse, des condominiums se sont vendus en dessous du prix de l’évaluation à Sainte-Foy, fait-on remarquer. Un phénomène qui touche surtout les tours construites au cours des années 1990. On voit aussi des maisons de grande valeur du quartier Montcalm se vendre en dessous du prix de l’évaluation municipale.

Dans le secteur commercial et industriel, la Ville maintient en outre l’ajustement octroyé l’an dernier aux propriétaires les plus touchés par la hausse (on appelle cela la mesure de diversification transitoire des taux de taxation, ou DTT).

Dès lors, les propriétaires dont la hausse est inférieure à 7 % vont contrebalancer ceux dont la hausse s’élève à plus de 25 %. Environ 1200 contribuables vont en bénéficier et 1820 y contribuer, pour un transfert de fonds équivalant à 3,7 millions.

Interrogé sur la poursuite lancée par un centre d’achats après l’imposition du DTT en 2012, le maire Labeaume s’est dit persuadé de ne pas être traîné en cour de nouveau. La dernière fois, le transfert était rétroactif, ce qui n’est pas le cas cette fois-ci, a-t-il dit.



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