Des abus répertoriés en matière de densification

Sur la rue Bonin, ces nouvelles résidences au gabarit disproportionné ne respectent pas le bâti du quartier, selon le Comité pour une densification respectueuse. Il faut remarquer les garages en saillie du bâtiment, l’étroitesse des marges latérales et l’abattage d’un arbre mature.
Photo: Comité pour une densification respectueuse Sur la rue Bonin, ces nouvelles résidences au gabarit disproportionné ne respectent pas le bâti du quartier, selon le Comité pour une densification respectueuse. Il faut remarquer les garages en saillie du bâtiment, l’étroitesse des marges latérales et l’abattage d’un arbre mature.

Un groupe de citoyens presse de nouveau la Ville de Québec de resserrer sa réglementation pour empêcher la construction de projets massifs dans les quartiers résidentiels. Pour appuyer leur démarche, ils viennent de produire leur propre inventaire des cas jugés problématiques.

Les bénévoles du Comité pour la densification respectueuse ont inventorié 171 maisons récentes (cinq ans et moins) dans les quartiers Saint-Sacrement, Sillery et Saint-Louis-de-France. Ils estiment que 95 % ne cadrent pas dans le paysage.

Ils montrent du doigt la hauteur des maisons, leur gabarit ou encore l’abattage d’arbres matures. Les garages massifs et les entrées bétonnées sont aussi souvent dénoncés.

« Avoir un permis aujourd’huipour démolir ou abattre un arbre, c’est d’une simplicité déconcertante », a déploré leur porte-parole, Michel Fournier, lors d’un petit rassemblement mardi, rue Bourbonnière dans le secteur de Sillery.

La tactique dénoncée n’est pas nouvelle : des promoteurs achètent une résidence pour ensuite la détruire et y construire deux maisons sur le même terrain, ou encore une maison plus massive que l’originale.

D’ailleurs, à une rue de distance de la conférence de presse, rue Maguire, un bungalow était à vendre avec la mention « deux constructions permises sur ce terrain ».

La Ville rappelle les progrès accomplis

Le Comité réclame des règles plus sévères. Dans un document d’une trentaine de pages, il propose à la Ville une série de pistes d’actions : rendre obligatoire l’examen des projets du genre par la Commission d’urbanisme, resserrer ses critères architecturaux en matière de gabarits et de hauteurs et exiger davantage de justifications avant d’autoriser la destruction d’arbres matures.

Or la Ville a déjà resserré sa réglementation en juillet 2014 avec son Plan d’intervention et d’intégration architecturale (PIIA), souligne Julie Lemieux qui porte le dossier au comité exécutif. « Le bilan qu’on en tire, c’est que ça donne destravauxd’intégration plus harmonieux, des projets qui répondent mieux aux besoins des citoyens. »

Interrogé à propos des changements de 2014, M. Fourniera reconnu que c’est « un peu moins pire » depuis. Il estime qu’une trentaine de nouvelles constructions se sont ajoutées au cours des derniers mois.

Une trentaine de personnes assistaient à la conférence de presse, dont beaucoup de retraités. Deux jeunes femmes et une poussette tranchaient légèrement dans le décor.

« Le problème, c’est que ces maisons-là ne s’intègrent pas bien au milieu », de résumer Émilie Rochette, en précisant que sa famille avait justement déménagé dans le coin « pour les arbres et pour l’environnement ».