Biométhanisation: le vérificateur inquiet

En attendant le centre de biométhanisation, la Ville dépend de l’incinérateur où aboutissent ses matières résiduelles non recyclables.
Photo: P. Gordon CC En attendant le centre de biométhanisation, la Ville dépend de l’incinérateur où aboutissent ses matières résiduelles non recyclables.

Le temps presse dans le dossier de l’usine de biométhanisation, selon le vérificateur général de la Ville de Québec, François Gagnon.

« L’appel d’offres faisant partie du chemin critique pour 2014 n’a pas encore été lancé », note-t-il dans un rapport présenté mardi. La construction de l’usine estimée à près de 100 millions de dollars a été plusieurs fois repoussée ces dernières années.

Or le projet doit être financé par un programme du gouvernement du Québec qui tombe à échéance en septembre 2019. En estimant à quatre ans le processus de planification et construction, le vérificateur craint que la Ville manque de temps.

La subvention du ministère du Développement durable s’élève à 43,6 millions de dollars, et le gouvernement fédéral a déjà promis de contribuer à la hauteur de 16,5 millions supplémentaires.

L’incinérateur aussi sous la loupe

En attendant le centre de biométhanisation, la Ville dépend de l’incinérateur où aboutissent ses matières résiduelles non recyclables. On estime d’ailleurs avoir besoin de cet équipement plusieurs années après l’ouverture du centre avant que ce dernier fonctionne à plein rendement.

L’incinérateur a aussi été scruté à la loupe par le vérificateur dans son rapport. Ce dernier y salue les efforts de la Ville pour réduire ses émissions de monoxyde de carbone qui dépassent toujours la norme.

Il déplore toutefois que les contrats donnés pour moderniser les installations ne respectent pas des principes d’indépendance puisque les mêmes entreprises gèrent certains contrats et leur évaluation.

Travaux, trafic et dette

 

Le vérificateur s’attarde enfin aux impacts des travaux routiers sur la circulation. Il déplore une mauvaise coordination, laquelle pourrait davantage limiter les irritants dans les rues secondaires où le trafic est détourné.

De plus, il reproche au Bureau des transports de ne pas travailler avec des statistiques à jour sur les flux de circulation en se basant sur des mesures de 2009. Or, « on sait que le débit a beaucoup augmenté à Québec », observe-t-il.

François Gagnon établit finalement dans son rapport que la Ville de Québec est plus endettée que les autres grandes villes de 100 000 habitants, et ce, en raison de ses nombreux investissements dans les infrastructures. « À l’avenir, il lui sera plus difficile » d’augmenter sa dette, fait-il valoir en ajoutant que Québec dépend plus que les autres des subventions gouvernementales de par son statut de capitale nationale.

En conférence de presse, le vérificateur a aussi répondu à de nombreuses questions sur le dossier d’Expo-Cité qui fait les manchettes à Québec depuis quelques jours. Il rappelle qu’il a déjà examiné les contrats donnés par l’organisation dans le passé et que ses recommandations avaient été suivies à 100 %.

Par ailleurs, il dit ne pas avoir de problème avec le fait que le conseil municipal lui recommande de se pencher sur ce dossier comme le suggérait l’opposition la veille. « Au contraire », dit-il, dans la mesure où ça ne l’empêche pas de compléter les enquêtes qu’il a déjà entreprises. Les données d’achalandage qui étaient en cause lundi soir sont toutefois d’un intérêt relatif pour lui dans la mesure où elles n’ont pas d’incidence financière directe.

Il s’agissait du dernier rapport de M. Gagnon qui doit quitter son poste en décembre comme le prévoit la loi. En sept ans, il a formulé 650 recommandations, dont 68 % ont été suivies par la Ville.

Les cyclistes et piétons peu pris en compte

Dans son chapitre sur les entraves à la circulation, le vérificateur fait état d’un « souci moins important en regard des piétons et des cyclistes » dans la planification. « Près de 50 % des dossiers majeurs analysés ne comportaient aucune exigence pour faciliter la mobilité de ceux-ci », écrit-il en rappelant que les cahiers de charge ont pourtant des exigences sur ce plan pour faciliter l’accès aux commerces et aux résidences. « En plus d’affecter leur mobilité et leur sécurité, un manque de préoccupation à l’égard des utilisateurs peut même amener certains de ceux-ci à obstruer la voie à d’autres utilisateurs », poursuit-il.


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