L’opposition dénonce le parti pris de la Ville

Même si Québec n’est pas sur le trajet du pipeline d’Énergie Est, l’opposition s’inquiète d’une éventuelle hausse du pétrole transporté par train vers le port.
Photo: Alexandre Shields Le Devoir Même si Québec n’est pas sur le trajet du pipeline d’Énergie Est, l’opposition s’inquiète d’une éventuelle hausse du pétrole transporté par train vers le port.

L’opposition de Démocratie Québec (DQ) dénonce le parti pris de la Ville en faveur du Port de Québec et réclame une consultation du BAPE sur son projet d’expansion.

« Le maire […] appuie l’augmentation du trafic pétrolier sur le fleuve Saint-Laurent, mais aussi semble-t-il le trafic ferroviaire, et cela nous inquiète et ça inquiète les citoyens », a déclaré le chef de DQ mardi.

« Le maire dit qu’il est derrière le Port à 100 %. [Qu’il est] avec eux et en faveur de l’industrie maritime, mais jamais on n’entend notre maire parler de ses citoyens », a renchéri la conseillère Anne Guérette.

Même si Québec n’est pas sur le trajet du pipeline d’Énergie Est, l’opposition s’inquiète d’une éventuelle hausse du pétrole transporté par train vers le port. « Ces trains transitent à travers les quartiers résidentiels, principalement Sainte-Foy, Vanier et Limoilou. »

DQ avait critiqué le maire il y a deux semaines parce qu’il avait inclus le financement du projet d’expansion du Port dans ses demandes aux partis en vue des élections fédérales. Selon l’opposition, il aurait dû attendre la consultation sur le projet avant de se prononcer.

Mardi, son équipe a aussi questionné le fait que celle qui représente les intérêts de la Ville au conseil d’administration du Port, Marie-France Poulin, a été récemment nommée présidente du conseil d’administration du Port.

« On souhaite qu’elle influence le conseil d’administration pour que le BAPE soit au programme », a déclaré le conseiller Yvon Bussières.

Au cabinet du maire Labeaume, on répète qu’il n’y a « rien » sur le pétrole dans le projet d’agrandissement qui a été présenté par le Port à la Ville. Quant à Mme Poulin, comme tout membre du CA, elle est libre de ses décisions depuis qu’elle a été nommée, souligne l’attaché de presse du maire, Paul-Christian Nolin.

Labeaume défend

Le Port a rabroué le ministre du Développement durable David Heurtel il y a un mois quand celui-ci a évoqué dans les médias la tenue d’un BAPE conjoint avec le fédéral sur le projet d’agrandissement.

Le p.-d.g. du Port, Mario Girard, s’est engagé récemment à mener un autre processus d’évaluation environnementale qu’il dit indépendant. Mais l’opposition à la Ville n’y croit pas. « On n’a pas confiance parce qu’on doute de l’indépendance des gens qui seront payés par le Port pour mener l’étude environnementale », a expliqué M. Shoiry.

Au cabinet, M. Nolin affirme que le processus présenté par le Port va « plus loin » que le BAPE. « Jusqu’à présent, tout ce qui a été présenté est correct », a-t-il résumé.

Le Port, qui est sur la défensive à Québec depuis des années notamment en raison du dossier du nickel et de la poussière rouge dans Limoilou, répète depuis des semaines que le volet pétrolier de son projet n’est pas compris dans la première phase des travaux. Lorsque les journalistes ont demandé à M. Shoiry s’il croyait que le Port « mentait », il a répondu qu’à son avis le Port ne « disait pas tout ».

Le maire dit qu’il est derrière le Port à 100%. [Qu’il est] avec eux et en faveur de l’industrie maritime, mais jamais [il ne] parle des citoyens.