Temps durs pour les écoquartiers

Selon Jean Morency, la Ville de Québec n’a aucun intérêt à presser le pas pour le développement des écoquartiers de Pointe-aux-Lièvres (notre photo) et d’Estimauville.
Photo: Ville de Québec Selon Jean Morency, la Ville de Québec n’a aucun intérêt à presser le pas pour le développement des écoquartiers de Pointe-aux-Lièvres (notre photo) et d’Estimauville.

La Ville de Québec n’a aucun intérêt à presser le pas dans le développement des écoquartiers, croit le promoteur qui a motivé l’administration Labeaume à lancer ces projets, Jean Morency.

« Actuellement, je suis bien d’accord qu’ils prennent leur temps. Dans le marché actuel, ça ne donne rien de partir un projet majeur comme ça. Ils sont mieux de prendre le temps et de bien planifier, et c’est ce qu’ils font », a expliqué M. Morency en entrevue au Devoir.

La semaine dernière, l’opposition à la Ville avait reproché à l’administration Labeaume de traîner les pieds dans le développement des écoquartiers. Or, selon M. Morency, le contexte ne permet tout simplement pas d’aller plus vite.

Jean Morency est l’ancien dirigeant de la SSQ qui avait lancé le projet d’écoquartier privé de Cité verte il y a une dizaine d’années. C’est lors d’une mission en Suède en sa compagnie en 2009 que Régis Labeaume avait annoncé que la Ville allait elle-même développer deux projets d’écoquartiers à l’image de Cité verte. Les projets d’Estimauville et de Pointe-aux-Lièvres sont apparus par la suite.

En entrevue, M. Morency a laissé entendre que lecontexte était également difficile pour la Cité verte qui a accueilli ses premiers résidants en 2011. « Moi, je suis certain qu’avec une reprise au Québec dans sept ou huit ans, on va dire que la Cité verte, c’est magnifique, ce projet-là. C’est juste que le marché n’est pas là actuellement. »

« Le site est exceptionnel, les valeurs portées par le projet, j’y crois énormément, ajoute-t-il. Il était peut-être un peu avant son temps, mais je pense que les jeunes deviennent de plus en plus en moyens et la Cité Verte porte les valeurs de ces jeunes-là donc il va y avoir une clientèle qui va aller là, je suis certain. »

Le marché serait-il plus difficile pour les projets verts que pour les autres ? « Non », répond M. Morency en ajoutant que l’enjeu partout est la « capacité de payer des individus ».

Quand on lui fait remarquer que son discours tranche avec celui très optimiste du promoteur du Phare, Michel Dallaire, il rétorque qu’il faut voir les choses à long terme. « Ce sont tous des projets qui vont se faire sur une longue période », dit-il.

M. Morency a quitté la SSQ il y a quelques années et possède aujourd’hui sa propre compagnie, Eximm. Il dirige aussi la section régionale du groupe immobilier canadien Canderel. Ce mardi, il doit animer l’un des chantiers de l’événement Québec 2050 organisé par le regroupement de promoteurs de l’Institut de développement urbain.

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