Écoquartiers: l’opposition met de la pression

Photo: Jean Gagnon / CC

L’opposition à la Ville de Québec reproche à l’administration Labeaume son inefficacité dans le dossier des deux écoquartiers, deux projets ambitieux dont le développement traîne en longueur.

La semaine dernière, la Ville de Québec annonçait qu’un immeuble de bois de 13 étages serait construit dans l’écoquartier de Pointe-aux-Lièvres dans Limoilou. Or pour Démocratie Québec, c’est trop peu. « Construire un immeuble en bois, ce n’est pas un écoquartier », a dit l’opposition en soulignant que ce projet ne prendrait pas forme avant 2017 de surcroît.

Les projets d’écoquartiers ont été dévoilés en 2011. Situés dans deux secteurs négligés de la ville (Pointe-aux-Lièvres et d’Estimauville), ils devaient faire de Québec un exemple en matière d’innovation en développement durable et offrir aux gens un nouveau type d’offre résidentielle.

En plus de les négliger, le chef de l’opposition reproche à la Ville d’être de moins en moins sévère avec ses exigences. « On nous a annoncé un immeuble en bois, mais est-ce qu’on nous a dit qu’il y aurait de la géothermie ? » Et de mentionner l’énergie solaire, les systèmes de chaufferie urbaine. Il déplore en outre la baisse d’exigences pour les limites imposées aux espaces de stationnement à ciel ouvert.

Un verre à moitié...

Quand on fait remarquer à l’opposition que le ralentissement du marché immobilier force la Ville à ralentir la cadence, M. Shoiry rétorque qu’elle n’en perd pas moins son rôle de planification en aménagement du territoire.

« Il n’y a pas de direction, ça n’arrête pas de changer de bord », renchérit sa collègue Anne Guérette. « On veut développer l’écoquartier de Pointe-aux-Lièvres, l’écoquartier d’Estimauville, la tête des ponts, le pourtour de l’amphithéâtre puis le boulevard Charest. Je nesais pas comment on va faire pour tout faire ça. »

« On peut voir le verre à moitié vide, je vais vous montrer le verre à moitié plein, a rétorqué le maire Régis Labeaume dans un échange lors de la séance du conseil. On va avoir le plus haut édifice en bois massif dans les Amériques et on nous dit qu’il ne se passe rien ! Ensuite, on s’en va en soumissions dans trois jours pour un édifice de logement social à 60 unités en bois encore. »

M. Labeaume a ajouté qu’il devait composer avec l’état du marché immobilier notamment pour d’Estimauville. Pour l’heure, la Ville a obtenu du gouvernement fédéral qu’il y déménage un millier de ses fonctionnaires et a réaménagé le boulevard d’Estimauville, mais le reste du développement est suspendu. Or, fait-il valoir, ce quartier sera desservi par le futur Service rapide par bus (SRB) et aura son propre pôle d’échange.

Un party à 350 000 $ critiqué

La décision de la Ville de financer un parcours déambulatoire pour l’inauguration de la Maison de la littérature a aussi été critiquée par l’opposition. « 350 000 $ pour un party d’ouverture, ça n’a pas de bon sens !, a dénoncé M. Shoiry. On aurait pu faire quelque chose de plus sobre. »

Le maire a rétorqué en disant que, pour la Ville, c’était un « grand événement comme pour un grand événement sportif ». « Une ville, c’est pas que du crashed ice. »

Le spectacle doit être présenté les 9 et 10 octobre. Créée au coût de 15 millions de dollars, la Maison de la littérature se trouve rue Saint-Stanislas dans le Vieux-Québec. Conçue à même la plus ancienne église néo-gothique de la ville, elle abritera notamment une bibliothèque, une résidence d’écrivain, un studio de création et des expositions.

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