Un projet résidentiel d’envergure autorisé

En 2013, le projet immobilier du boisé Woodfield, aussi à Sillery, avait fait grand bruit.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir En 2013, le projet immobilier du boisé Woodfield, aussi à Sillery, avait fait grand bruit.

Après dix ans d’attente, le promoteur Marc Simard a finalement reçu le feu vert du ministère de la Culture pour construire son Domaine sous les bois, un vaste projet résidentiel au coeur du site patrimonial de Sillery.

« Ça a été pas mal plus difficile que prévu, a expliqué M. Simard vendredi après-midi. C’est sûr que j’ai eu des frustrations, mais je suis heureux du dénouement. »

Le site patrimonial de Sillery regroupe les grands terrains qui longent le chemin Saint-Louis. Détenus pour la plupart par des communautés religieuses, ces vastes domaines offrent des vues imprenables sur le fleuve.

Ces dernières années, ils ont été le lieu d’affrontements multiples entre les promoteurs et des groupes des citoyens, ou encore entre la Ville et le ministère, qui se partagent les pouvoirs en zone patrimoniale.

Le projet du Domaine sous les bois avait été rejeté par le ministère en 2013, alors que le projet du boisé Woodfield avait été approuvé dans la controverse.

Depuis, le promoteur a accepté notamment de réduire la superficie des constructions et la hauteur de certains immeubles (six étages maximum).

Ces deux dossiers étant réglés, le ministère n’a pas d’autres grands projets à l’étude dans l’arrondissement historique. Or, selon le maire de Québec, Régis Labeaume, plusieurs communautés religieuses sont pressées de vendre.

« Il faut cesser d’attendre », a-t-il dit en conférence de presse en ajoutant que « l’immobilisme » fait en sorte que le « patrimoine se dégrade ». La Ville s’inquiète tout particulièrement des propriétés des Soeurs de Sainte-Jeanne D’Arc, un « bijou » désormais inhabité dont les fenêtres ont été cassées par des vandales.

Consultation au printemps

La Ville a l’intention de promouvoir le développement résidentiel dans ce secteur et d’y attirer « des familles ». Présenté en 2013, son Plan particulier d’urbanisme sera finalement soumis à une consultation au printemps, a-t-on annoncé vendredi. La Ville souhaitait s’assurer que celui-ci était conforme au Plan de conservation du ministère de la Culture avant de passer à une autre étape, explique-t-on.

Or dans une lettre en date de cette semaine, le sous-ministre lui a confirmé que le plan de la Ville était bel et bien conforme à celui du ministère.

Pour l’opposition à la Ville, c’est à n’y rien comprendre. « C’est une drôle de façon de fonctionner », de dire le chef de Démocratie Québec, Paul Shoiry. Il trouve notamment étrange que le ministère donne son aval au projet du Domaine avant la consultation. « Ils semblent fonctionner à la pièce », dit-il.

Appels à sauver l’église Saint-Jean-Baptiste

La Ville a lancé un appel vendredi pour empêcher la fermeture de l’une des plus belles églises de la capitale, l’église Saint-Jean-Baptiste. La vice-présidente du comité exécutif, Julie Lemieux, a demandé qu’on « attende » avant de la désacraliser. Tout en plaidant pour un « travail d’équipe » dans ce dossier, elle a néanmoins précisé que ce bien classé relevait du ministère de la Culture et non de la Ville.

Le diocèse de Québec prévoit de fermer l’église de la rue Saint-Jean en mai par manque de fonds. Des travaux de 10 millions sur la structure sont nécessaires, et la fabrique n’a pas d’argent et peu de paroissiens pour l’aider. Au ministère de la Culture, on se dit prêt à financer 80 % des travaux, mais la fabrique n’a pas les réserves financières pour financer les 20 % manquants, et ce, même en divisant les versements comme on le lui propose. Cette immense église, capable de recevoir jusqu’à 2500 personnes, a un classement de valeur patrimoniale « incontournable » équivalant à celui de la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré et supérieur à celui de l’église Saint-Roch par exemple. Un comité de sauvegarde a déjà tenté de lui donner une vocation partielle de salle de réception pour le grand public mais cela nécessitait des travaux encore plus coûteux, explique le curé, Pierre Gingras. « C’est toujours intéressant de vouloir sauver la maison, mais quand vient le temps de déplier, personne ne le fait », déplore-t-il.