Un «kit injonction 101» pour le printemps 2015

Nathalie Normandeau participait à un cocktail de financement destiné à amasser des fonds pour que Jean-François Morasse puisse porter sa cause contre Gabriel Nadeau-Dubois en Cour suprême.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Nathalie Normandeau participait à un cocktail de financement destiné à amasser des fonds pour que Jean-François Morasse puisse porter sa cause contre Gabriel Nadeau-Dubois en Cour suprême.

Au-delà de la cause l’opposant à Gabriel Nadeau-Dubois, Jean-François Morasse et sa fondation se mobilisent et amassent des fonds en vue du printemps prochain.

« Notre but, c’est de défendre les gens qui veulent aller à leurs cours, donc on va se rendre le plus disponibles possible », a expliqué le jeune homme mercredi soir lors d’un cocktail de financement pour sa cause.

Jean-François Morasse est financé par la Fondation 1625 qui a été créée dans la foulée du printemps étudiant. Afin de se préparer, la fondation a mis sur pied un « kit d’injonction 101 », dit-il, pour montrer aux étudiants concernés comment « faire une demande d’injonction sans l’aide d’un avocat » en cas de grève.

Plusieurs des représentants de la Fondation sont des partisans du Parti conservateur, et M. Morasse lui-même compte se présenter sous la bannière de ce parti aux prochaines élections. Toutefois, il assure que le Parti et la Fondation n’ont pas de liens financiers.

M. Morasse participait mercredi soir à un cocktail de financement organisé en son honneur par le nouveau duo vedette de la station de radio FM 93 à Québec, Nathalie Normandeau et Éric Duhaime. Une centaine de personnes se sont déplacées à l’Ozone sur Grande Allée pour appuyer le jeune homme.

Rappelons que M. Morasse avait traîné Gabriel Nadeau-Dubois devant les tribunaux pour outrage à la cour parce qu’il avait, disait-il, encouragé les étudiants à faire fi d’une injonction. Jean-François Morasse avait gagné en Cour supérieure, mais M. Nadeau-Dubois vient de l’emporter en appel. D’où le projet de saisir la Cour suprême de l’affaire.

Mercredi soir, Nathalie Normandeau et Éric Duhaime ne tarissaient pas d’éloges sur le courage du jeune homme et des gens qui l’appuient. « On sait qu’au mois de mars, ils veulent encore débrayer », de lancer Éric Duhaime. « Regardez les deux gangs qui s’affrontent : d’un bord, vous avez des gens qui sont payés en partie par les cotisations syndicales qui se promènent dans des médias publics payés avec vos taxes pour faire la promotion d’un seul côté. Pis de l’autre, y a vous autres qui travaillez, qui payez de vos taxes, puis vous prenez en plus de votre argent de vos poches pour une cause dans laquelle vous croyez. »

 

Une «radio engagée»

Nathalie Normandeau, pour sa part, a dit vouloir défendre le droit à l’éducation. Elle répète que selon elle, la cause de Jean-François Morasse interpelle la « majorité silencieuse ». « Ils s’identifient à une cause pour laquelle ils n’ont jamais l’occasion de s’exprimer. »

Quant à savoir si c’était une bonne idée pour elle d’organiser un cocktail de financement alors que la formule a beaucoup terni son parcours politique dans le passé, elle rétorque que l’association est « mesquine ».

« Ça fait trois ans que j’ai quitté la politique. Maintenant je suis dans un nouveau rôle et j’ai le goût de faire une différence dans les débats de notre société. »

Les deux animateurs n’ont pas voulu dire dans quelle mesure ils comptaient poursuivre ce combat sur les ondes dans l’éventualité d’une nouvelle vague de manifestations et de grèves au printemps. « Nous, on est une émission engagée, on est des animateurs engagés », a dit Mme Normandeau. Et M. Duhaime de dire qu’ils étaient aussi engagés « que d’autres tribunes » et que la seule différence était qu’ils le faisaient « à visière levée ».

Chose certaine, Jean-François Morasse leur en était très reconnaissant mercredi soir. « Ils ont énormément aidé. Le cocktail de financement, c’est leur initiative. […] Je leur suis excessivement reconnaissant. »

7 commentaires
  • Gilles Delisle - Abonné 5 février 2015 08 h 28

    De gros moyens , ce jeune homme!

    En supposant que la Cour Suprême entende cette cause, ce jeune étudiant possède de gros moyens pour se payer ce recours. Il faut plus que des cocktails de financement! Qui se cache derrière ce financement? S'il veut de gros appuis, il va falloir trouver des personnalités plus crédibles que ces deux tristes personnages de l'ère Charest.

  • André Delisle - Inscrit 5 février 2015 09 h 07

    Le Parti Conservateur du Canada

    Avez-vous lu cet article dans Le Soleil, daté du 4 février 2015 (hier) ? Les directeurs de la Fondation 1625, qui ramassent les dons en soutien à Jean-François Morasse, nient être liés au Parti Conservateur du Canada (PCC)... mais ils en sont tous membres, et/ou ils veulent tous être candidats pour le PCC aux prochaines élections, et/ou ils militent activement pour le PCC, et/ou ils travaillent activement pour un ou une candidate du Parti Conservateur. Elles sont RISIBLES les réponses de cette fondation qui viennent de toute évidence prouver ses liens évidents au parti de Stephen Harper !

  • Cyr Guillaume - Inscrit 5 février 2015 09 h 16

    La propagade fédéraliste

    Appuyé par la droite de Québeccity comme toujours. On pourrait franchement associer tout celà à de la propagande, pour ne pas dire, carrément du lessivage de cerveau. Aux dernières élections, on avait eu droit à des ''bricolages antipéquistes'' et maintenant, c'est la jeunesse qui se fait endoctriner! Incroyable.

  • jean Gilbert - Inscrit 5 février 2015 11 h 51

    Saisir la Cour suprême de l’affaire Nadeau-Dubois

    La cour d'appel a tranché dans l’affaire Nadeau-Dubois et si monsieur Morasse n'a pas d'éléments nouveaux à mettre en preuve, il n'y a pas lieu de réviser le jugement. Il semble que ce monsieur veuille personaliser le conflit étudiant à travers Grabriel Nadeau Dubois et qu'il veuille utiliser une seule phrase qu'il a prononcée pendant la grève étudiante et pour laquelle trois juges ne voient aucun problème. Monsieur Morasse n'a absolument rien à gagner sauf la satisfaction d'avoir gagné. Vouloir se rendre en Cour Suprême pour un but aussi futile que de condamner quelqu'un à faire des travaux communautaires relève bien plus d'un esprit revanchard et d'une «petite» politique. C'est un gaspillage de ressources pour une chicane de cour d'école. La société n'y gagnera absolument rien. Que monsieur Duhaime supporte ce genre de cause «idéologique» n'est pas surprenant mais j'aurais pensé que madame Normandeau ce serait distanciée d'une attitude aussi mesquine.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 5 février 2015 14 h 00

      «utiliser une seule phrase qu'il a prononcée pendant la grève étudiante et pour laquelle trois juges ne voient aucun problème»

      Les juges n'ont dits d'aucune façon qu'il ne voyaient pas de problème dans cet appel a défier l'injonction, ils ont simplement dits que le demandeur n'a pas prouver que GND savait qu'il y avait une injonction. La différence est de taille...

      Et de de taille parce que ce faisant les trois juges ont acceptés la carte des avocassieux qui cherchent une faille de procédure.

      GND était au coeur du ''war-room'' de ce conflit. La plainte déposée par Morasse, et sa victoire avec le jugement qui a suivi, ont pris toutes deux énormément de place dans les médias et était un fait de l'heure absolument incontournable, discutée et rediscutés par maintes commentateurs. Il était donc strictement impossible que GND ne l'ai pas su. C'est l'évidence grosse comme un autobus dans la salle d'audience... Mais là les trois juges n'ont retenus qu'il n'y avait pas eu de preuve de la connaissance de GND de cette injonction.

      C'est la bonne foi de la magistrature qui est en cause ici. La bonne foi du milieu de la justice, qui est syndiqué mur a mur, de bien entendre, avec impartialité, les causes qui touchent le milieu syndical. Là, pour la Nième fois, ce n'est pas ce qu'on observe, la bonne foi, et la recherche de justice.

      Mais quelqu'un pour qui le respect des injonctions d'une cour relève de l'idéologie, ce jugement de la cour d'appel est plus que parfait.

  • - Inscrit 5 février 2015 14 h 10

    C'est simple...

    ... je ne réagis même plus à ces gigotages de la droite libertarienne. C'est tellement gros, c'est tellement vain !

    Ce qui est pertinent et instructif, c'est qu'un lien existe manifestement entre cette droite et le Parti libéral du Québec et probablement d'une part appréciable de la CAQ.

    • Cyr Guillaume - Inscrit 5 février 2015 19 h 32

      C'est clair qu'ils travaillent main dans la main selon moi, je pense comme vous. Duhaime était anciennement de l'ADQ.