Québec et Lévis bientôt actionnaires du CN

Québec et Lévis demandent à la compagnie propriétaire du pont de repeindre la vieille structure dont l’enveloppe croule sous la rouille.
Photo: iStock Québec et Lévis demandent à la compagnie propriétaire du pont de repeindre la vieille structure dont l’enveloppe croule sous la rouille.

Les maires de Québec et de Lévis lancent une nouvelle offensive pour mettre de la pression sur le Canadien National dans le dossier du pont de Québec.

Les maires Régis Labeaume et Gilles Lehouiller comptent acheter pour 7500 $ d’actions du Canadien National dans le but de se faire entendre lors de la prochaine réunion des actionnaires (pour 5000 $ et 2500 $ respectivement).

« Nous avons l’intention d’intervenir dans l’assemblée annuelle et de rappeler à la direction ses obligations par rapport au pont de Québec », a déclaré M. Labeaume lundi soir en mêlée de presse.

La date de l’assemblée annuelle n’est pas encore fixée, mais elle a lieu normalement en avril. M. Labeaume a signalé qu’il revendrait ses actions au lendemain de la rencontre.

Les deux villes demandent à la compagnie propriétaire du pont de repeindre la vieille structure dont l’enveloppe croule sous la rouille. Les coûts des travaux sont évalués à pas moins de 200 millions de dollars, mais à l’automne dernier, les deux paliers de gouvernement avaient offert d’en financer la moitié si le CN payait l’autre.

M. Labeaume avait même écrit à l’homme d’affaires Bill Gates parce qu’il est le principal actionnaire de la compagnie. Sa démarche est restée sans réponse, mais il a dit lundi qu’un important fonds d’investissement pourrait bientôt l’appuyer dans sa croisade.

Inutile, selon l’opposition

L’opposition a voté contre l’achat d’actions du CN lundi soir. « C’est du vaudeville, du spectacle. J’ai jamais vu ça. La Ville n’a pas à acheter des actions d’une compagnie publique ! », a fait valoir le chef de Démocratie Québec, Paul Shoiry.

Si l’objectif est de sensibiliser les dirigeants et actionnaires, M. Shoiry prône le recours à des moyens plus traditionnels. « Qu’est-ce qui l’empêche demain matin d’appeler le président du conseil d’administration du CN ? »

Interrogé sur ce que lui préconisait pour faire avancer le dossier, il a rétorqué que cela relevait plus du gouvernement du Québec que de la Ville. « C’est eux qui sont signataires d’une entente avec le CN sur l’utilisation du pont », a-t-il dit.

Sinon, les échanges au conseil municipal de Québec ont porté en bonne partie sur la situation économique de la capitale. Vendredi, les élus de l’opposition avaient reproché à l’administration Labeaume de fermer les yeux sur le ralentissement économique.

Sur le ton de l’ironie, Régis Labeaume a rappelé que la ville avait toujours l’un des taux de chômage les plus bas au pays. « Ça va tellement mal, a-t-il dit que le deuxième constructeur immobilier au pays a décidé d’investir entre 400 et 500 millions dans un édifice. »


 
5 commentaires
  • Marie-Claude Delisle - Inscrit 3 février 2015 09 h 59

    Bravo Régis !

    Il ne faut pas attendre du gouvernement de Couillard la moindre intention d'intervenir pour redonner pouvoir et fierté au Québec !

  • Sylvain Auclair - Abonné 3 février 2015 10 h 10

    Et vive le fédéralisme!

    Avec ses ponts fédéraux, ses ponts provinciaux, ses ponts privés (mais de juridiction fédérale), ses autres ponts privés (mais de juridiction provinciale)) et son pont en partie fédéral et en partie provincial.

  • Lise Bélanger - Abonnée 3 février 2015 10 h 25

    Le CN est propriétaire du pont, donc un pont privé mais à usage public. Il me sembble qu'en matière de transport il y a des règles gouvernementales qui s'appliquent et auxquelles sont soumises même les compagnies privées.

    L'entretien pour la sécurité des usagers, ça doit exister.

    Le très canadien CN a pour actionnaire principal un américain, le CN qui écartait tout ce qui était québécois ou français il n'y a pas si longtemps. Les temps changent!

    Bill Gate et ses milliards pour les pauvres. Un pont de Québec pour lui...c'est où ça?????

    M. Labeaume a bien le droit de se montrer le bout du nez là où il le faut.

  • Carole Dionne - Inscrite 3 février 2015 10 h 50

    Faire le comique

    Qui ne rit pas de la ville de Québec et de Régis etce, sans méchanceté contre M Labeaume. Sur toutes les tribunes, du Club des Ex à Paul Arcand, on rit des frasques de Labeaume. Une de plus.

  • Julien-Félix Carrier - Inscrit 3 février 2015 11 h 22

    À suivre

    À raison d'un vote par action, leur présence et parole sera malheureusement symbolique et n'aura aucun poids décisionnel à moins qu'ils ne soient en mesure de rallier les votes ou paroles de d'autres actionnaires plus investis.

    Je ne sais pas dans quel mesure un maire doit agir personnellement en tant qu'activiste, mais il semble qu'ils ont tous deux écoulé les différentes voies de communication directe pour faire avancer le dossier.