Hôtel-Dieu de Québec: les religieuses consternées

La fermeture de l’hôpital, annoncée par le ministre Barrette, met un terme à une histoire vieille de 375 ans.
Photo: Jean Gagnon / CC La fermeture de l’hôpital, annoncée par le ministre Barrette, met un terme à une histoire vieille de 375 ans.

La décision du ministre de la Santé Gaétan Barrette de fermer complètement l’Hôtel-Dieu de Québec a semé la consternation dans la communauté des Soeurs augustines mardi. « J’en ai eu le souffle coupé », a dit la supérieure de la communauté, soeur Berthe Lemay.

L’histoire de cet hôpital situé dans le Vieux-Québec et celle de la communauté sont indissociables. En effet, ce sont les Augustines qui ont fondé l’hôpital en 1639, ce qui en fait le plus ancien au nord du Mexique. Au-delà de l’héritage historique du lieu, les soeurs ont développé ces dernières années un ambitieux projet de centre de ressourcement dans leur monastère derrière l’hôpital.

Les deux ordres de gouvernement et la Ville de Québec ont investi jusqu’à présent 35 millions de dollars dans ce centre qui doit ouvrir ses portes l’été prochain. « Le projet était conçu en fonction d’avoir des malades tout près de nous autres », a signalé soeur Landry.

Comme certaines de ses consoeurs, la religieuse va encore visiter des malades. Une simple porte sépare le monastère de l’hôpital. « On a donné notre vie aux malades alors les voir partir, c’est un gros choc, explique-t-elle. C’est une grosse déception. »

On savait déjà que la fusion entre l’Hôtel-Dieu et l’hôpital de l’Enfant-Jésus dans Limoilou allait entraîner le déménagement de nombreux services clés vers l’Enfant-Jésus, mais le gouvernement n’avait jamais évoqué la fermeture complète de l’hôpital du Vieux-Québec avant mardi.

Dans une entrevue accordée au Soleil, le ministre Gaétan Barrette a été clair à ce propos. Il n’y a pas « besoin d’avoir là de services médicaux de première et deuxième ligne pour la région de Québec », a-t-il dit.

Le projet des Augustines incluait notamment des chambres à bon marché pour accueillir les proches des malades qui subissent de longs traitements et habitent en région éloignée. Sept chambres du monastère leur sont réservées sur la soixantaine que compte le projet dans son ensemble.

Malgré tout, le projet n’est aucunement remis en cause, précise le président de la Fiducie du patrimoine culturel des Augustines, Marcel Barthe. « Ça ne [le] remet pas en cause parce qu’il y a quand même des hôpitaux pas très loin », a-t-il soutenu en ajoutant que « ça brisait un peu » le concept de départ du projet qui reposait sur la relation entre les Augustines et l’hôpital voisin.

M. Barthes concède toutefois qu’un agrandissement de l’Hôtel-Dieu tel qu’on l’a évoqué dans le passé aurait lui aussi été nuisible au Centre à cause des désagréments causés par les travaux. Le maintien de l’Hôtel-Dieu ou d’une partie de ses services « aurait été le meilleur des deux mondes », résume-t-il.

Le monastère des Augustines abrite plus de 24 000 objets, dont une imposante collection d’instruments médicaux et le coffre dans lequel les trois fondatrices de la communauté avaient mis tous leurs avoirs avant de s’embarquer pour la Nouvelle-France au XVIIe siècle.

4 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 28 janvier 2015 07 h 57

    La continuité

    Le travail de démolition de la société québécoise par le PLQ se poursuit; plusieurs applaudissent cet effort soutenu et dont ils admirent la continuité.

  • Charles Langlade - Inscrit 28 janvier 2015 09 h 03

    Une simple rénovation!

    Si je comprends bien les propos du ministre de la santé il n'est plus question de déménager L'Hôtel-Dieu de Québec pour augmenter sa capacité clinique, il y aura le même nombre de lits et le même nombre de salles d'opération dans le nouveau complexe.
    Alors une simple rénovation de L'Hôtel-Dieu sur son site actuel reviendrait à un coût moindre et permettrait de garder ce patrimoine vivant. Rappelons que le campus actuel de cet hôpital comprend 22 bâtiments dont seulement trois sont visés par une rénovation, les autres étant soit neufs soit aux normes. Le déménagement de tout le campus vient grever financièrement un scénario de déménagement qui était au départ justifié par un désir d'agrandissement. Seule la radio-oncologie externe doit être relocalisée (elle dessert de toute façon tous les milieux cliniques de la région). Sans un agrandissement des autres plateaux techniques un déménagement est inutile voire nuisible pour la population et une simple rénovation avec un gain esthétique sur le site actuel est préférable.

    Ainsi le gouvernement pourrait dégager près de deux milliards pour des besoins cliniques réels....

  • Yvon Bureau - Abonné 28 janvier 2015 13 h 59

    Un Sommet HDQ-2020

    Que les principaux intéressés se fixent une date et un endroit pour tenir un sommet sur HDQ-2020.

    Qu'ensemble on identifie ce que sera ou devrait être HDQ-2020.

    Pour que ce haut, ce noble et ce quasi saint lieu honore son passé et bonifie son futur.

    Pour qu'il soit pour ce secteur de la ville encore un présent des plus appréciés.

    • Paul Berger - Inscrit 28 janvier 2015 21 h 50

      M. Bureau... Il ne sert à rien de fixer un sommet quand le sommet s'est déjà assis sur la base pour l'écraser. Le principal intéressé, c'est vous même si vous semblez l'ignorer pour le moment. Quand bientôt vous aurez besoin d'être réconforté pour quatre dollars, on vous dira ausitôt que l'État n'en a plus les moyens car les compagnies de béton viennent de lui prélever quatre milliards.