Le projet de la Fondation Dallaire critiqué

La Fondation Jules-Dallaire annonçait jeudi qu’elle construirait au moins 15000 unités résidentielles sur les grandes terres agricoles des Soeurs de la Charité.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir La Fondation Jules-Dallaire annonçait jeudi qu’elle construirait au moins 15000 unités résidentielles sur les grandes terres agricoles des Soeurs de la Charité.

Le Conseil régional de l’environnement de Québec s’oppose au projet de la Fondation Jules-Dallaire sur les anciennes terres des Soeurs de la Charité. Selon lui, ce projet risque de nuire aux efforts de densification menés par la ville dans d’autres secteurs.

« On n’a pas besoin de ces terres-là pour répondre aux besoins d’urbanisation », plaide le président du CRE, Alexandre Turgeon.

Rappelons que la Fondation Jules-Dallaire annonçait jeudi qu’elle construirait au moins 15000 unités résidentielles sur les grandes terres agricoles des Soeurs de la Charité dans l’ancienne ville de Beauport.

La Fondation, qui a été créée par un groupe immobilier prospère, s’engage à donner tous les profits à des causes caritatives. L’administration Labeaume est emballée par le projet.

Tout en saluant le volet philanthropique, M. Turgeon juge le tout nuisible sur le plan de l’urbanisme. D’abord, il croit que l’ajout d’autant de terrains à vendre va nuire aux efforts de la Ville de Québec pour attirer des résidants dans d’autres secteurs comme le boulevard Laurier ou l’écoquartier D’Estimauville.

Le trafic est aussi une source d’inquiétude. « Si on ajoute 10 000 autos, elles vont aller où ? C’est déjà congestionné dans ce coin-là », dit-il en soulignant que le secteur est mal desservi en transport en commun.

Enfin, le CRE est farouchement opposé à ce qu’on dézone de nouvelles terres agricoles. « Ça commence à faire », dit M. Turgeon. Son organisation compte d’ailleurs intervenir auprès de la Commission de protection du territoire agricole (CPTAQ) pour lui enjoindre de refuser le changement de zonage requis par le projet.

À ses yeux, il aurait été beaucoup plus intéressant d’exploiter ces terres pour faire de la culture maraîchère. « Quand je vois des élus agir comme ça, c’est une preuve de plus qu’ils sont loin d’avoir la capacité d’être plus autonome en matière d’aménagement du territoire comme ils le réclament depuis quelques mois. Ça prend vraiment un gardien pour contrôler ce qu’ils font. »

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