Québec et Ottawa prêts à investir 100 millions pour le pont de Québec

On estime à 200 millions de dollars les coûts totaux des travaux à l’heure actuelle. Le ministre fédéral de l’Infrastructure Denis Lebel a été clair sur le fait qu’il n’y aurait pas de coups de pinceau tant que le propriétaire du pont de Québec, le Canadien National, n’aurait pas confirmé son aide.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne On estime à 200 millions de dollars les coûts totaux des travaux à l’heure actuelle. Le ministre fédéral de l’Infrastructure Denis Lebel a été clair sur le fait qu’il n’y aurait pas de coups de pinceau tant que le propriétaire du pont de Québec, le Canadien National, n’aurait pas confirmé son aide.

Québec, Ottawa ainsi que les villes de Québec et Lévis se sont engagées à investir 100 millions de dollars dans les travaux de peinture du pont de Québec. Mais ce, à condition que le Canadien National en fasse autant.

« Son état actuel est, pour nous aussi, inacceptable », a déclaré le ministre fédéral de l’Infrastructure, Denis Lebel, lors d’une annonce vendredi, près de la promenade Samuel-De Champlain.

Si le plan se réalise, Ottawa investirait 75 millions de dollars, le gouvernement du Québec 23,5 millions, la Ville de Québec 1 million et Lévis 500 000 $.

On estime à 200 millions de dollars les coûts totaux des travaux à l’heure actuelle. Le ministre Lebel a été clair sur le fait qu’il n’y aurait pas de coups de pinceau tant que le propriétaire du pont, le CN, n’aurait pas confirmé son aide.

Il a invité le CN à être un « bon citoyen corporatif » et rappelé que l’entreprise avait engrangé l’an dernier des profits de 2,6 milliards de dollars. Il a ajouté que son gouvernement avait un intérêt tout particulier à remettre le pont en état à cause des célébrations du 150e de la Confédération.

« C’est aussi dans l’esprit du 150e anniversaire du Canada que nous avons effectué notre réflexion afin de redonner ses lettres de noblesse à cette structure historique. »

Le maire de Lévis, Gilles Lehouiller, a rappelé quant à lui que cela faisait plus de 25 ans que ce dossier traînait. Le pont est la propriété du Canadien National depuis le milieu des années 1990. Il avait été cédé à la compagnie par le gouvernement pour la somme symbolique de 1 dollar.

Érigé en 1919, il est le plus long pont de type « cantilever » au monde. Sa structure est ravagée par la rouille, mais cela ne pose pas de problèmes de sécurité.

D’autres actions à venir

Le Canadien National n’a pas rappelé Le Devoir vendredi. Jusqu’à présent, il s’est montré inflexible dans ce dossier et plaide que la peinture et l’esthétique du pont ne sont pas sa responsabilité. Un jugement rendu cette année lui a d’ailleurs donné raison au terme d’une procédure juridique qui a duré des années.

Or depuis la sortie du jugement, les maires de Québec et Lévis font campagne pour faire pression sur l’entreprise. Ils ont notamment écrit à nul autre que Bill Gates — le principal actionnaire du CN — pour faire pression sur la compagnie ferroviaire.

Cette sortie a eu un certain effet d’entraînement. Un designer a même produit un t-shirt arborant le slogan « Paint your bridge Bill ! ». Cette semaine, les maires et trois élus de l’Assemblée nationale le portaient en conférence de presse pour lancer une nouvelle activité de mobilisation dans le dossier.

Ils ont en effet invité la population à un grand brunch public le 7 décembre à l’Aquarium de Québec pour prendre une immense photo de groupe avec le pont rouillé en arrière-plan.