«L’accent d’Amérique» clôt le chapitre Rapaille

La conception de la nouvelle image de marque de la Ville de Québec a coûté 75 000$ au total.
Photo: iStock La conception de la nouvelle image de marque de la Ville de Québec a coûté 75 000$ au total.

La Ville de Québec n’a finalement rien gardé du matériel accumulé en 2010 lors de l’aventure Clotaire Rapaille. L’image de marque qu’elle a dévoilée mardi repose sur des travaux complètement distincts.

Interrogé sur ce qu’il était advenu des 250 000 $ investis à l’époque, le maire de Québec, Régis Labeaume, a préféré faire comme si cet épisode n’avait jamais eu lieu. « On ne veut plus en parler pantoute. Clotaire Rapaille, je ne sais plus c’est qui, moi. »

Le controversé expert en marketing avait été embauché par la Ville en 2010 pour refaire son image de marque. Quand une enquête du Soleil a révélé que M. Rapaille avait raconté des faussetés sur son passé et son curriculum vitae, la Ville avait annulé le contrat mais laissé entendre que le matériel accumulé en cours de route pourrait être utile dans ses travaux futurs.

Ce ne sera finalement pas le cas. La nouvelle image de marque dévoilée jeudi s’appuie sur la formule « Québec, l’accent d’Amérique ». Elle est l’aboutissement d’un processus complètement distinct mené par la vice-présidente du comité exécutif, Julie Lemieux.

75 000$

Pour guider son choix, le maire a répété qu’il tenait à ce que le slogan soit en français et qu’il ne voulait pas faire comme Lyon en France avec son slogan « Only Lyon ». Il a aussi insisté sur l’importance de reconnaître le rôle historique de la ville de Québec dans l’histoire du continent.

Le concept a été développé en interne, mais l’équipe a été conseillée par la firme Côté Fleuve. Le projet au total a coûté 75 000 $. Malgré son entrée en scène, la Ville de Québec continuera d’utiliser son logo bleu représentant un ancien trois-mats.

L’Office du tourisme, l’Aéroport et le Centre des congrès ont déjà commandé des bannières pour afficher le nouveau slogan dans leurs installations.

Pont de Québec: les maires interpellent Bill Gates

M. Labeaume et le maire de Lévis Gilles Lehouillier ont trouvé une façon éclatante de mettre de la pression sur le Canadien National pour qu’il repeigne le pont de Québec. Informés du fait que le principal actionnaire de la société était le géant des affaires Bill Gates, ils lui ont écrit personnellement jeudi pour le sensibiliser au problème. Le CN, qui est propriétaire du pont, refuse depuis des années de le repeindre sous prétexte que cela ne nuit pas à la sécurité de l’infrastructure et que son entente avec le gouvernement fédéral ne l’y oblige pas. À propos de la lettre envoyée à M. Gates, le maire de Québec a reconnu qu’il ne s’attendait pas à ce que M. Gates l’appelle dès le lendemain, mais a dit tenir à l’informer de l’état des choses. « Moi et Gilles Lehouillier, on est convaincus qu’il ne le sait pas. […] Je veux qu’il sache que l’entreprise dont il est le premier actionnaire laisse le pont pourrir. Ce pont-là lui appartient et c’est un pont qui a déjà été une merveille du monde. »


À voir en vidéo

12 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 14 novembre 2014 07 h 15

    L'accent

    Moi, j'aime bien, ça fait ... nous-autre. Nous sommes les seuls à écrire AmÉrique avec un accent sur le E sur ce continent et cet accent a le poids de 430 ans. C'est pas de la haute philosophie, c'est pas d'une profondeur mystique incommensurable, ce n'est qu'un fait. Et c'est suffisant.

    Bonne journée.

    PL

  • Gilles Parent - Inscrit 14 novembre 2014 07 h 37

    Je me souviens...

    Il y avait bien des éléments de son curriculum vitae qui auraient été inexacts, mais celui que Régis Labaume avait présenté comme le King de New-York, avait surtout rapporté des déclarations sur les points de vue des résidents de Québec qui lui auraient inspiré des conclusions telles que: les québécois ne peuvent parler de leur ville sans parler de Montréal, ils sont névrosés, ils présentent un complexe de supériorité et un autre d'infériorité, ...
    On peut comprendre que Régis Labaume préfère ne pas se souvenir. Payer $300000. pour se faire dire cela n'est pas un souvenir que l'on veut conserver.

  • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit 14 novembre 2014 08 h 56

    Erreur

    La ville de Québec n'a rien gardé du matériel accumulé lors de l'affaire Rapaille? Erreur: elle a conservé le maire Labeaume.

    Desrosiers
    Val David

    • Martin Bilodeau - Abonné 14 novembre 2014 13 h 03

      M. Desrosiers,
      Comme dans tout, l'humour ne se discute pas malgré que le vôtre soit... discutable (les jeux de mots, non plus, ne se discutent pas).

      Je vous rappelle que 1. le maire a ouvertement mentionné l'erreur d'avoir embauché cet « énergumène » après l'avoir remercié de ses services (si on peut appeler cela des services...) et que 2. le maire a été rééelu en novembre 2013 par une très forte majorité (napoléonienne, si je poursuis en humour, vous m'avez inspiré M. Desrosiers :)).

      Bref, la démocratie a parlé dans le sens de leurs priorités et engagements du maire!

      Martin Bilodeau, Lévis

  • Jean Richard - Abonné 14 novembre 2014 09 h 51

    Si au moins c'était un début

    Monsieur Labeaume tenait, dit-on, à ce que le slogan de la ville soit en français. On peut au moins le féliciter là-dessus car il aurait pu facilement céder à la tentation d'imiter les Français, un exemple à ne pas suivre.

    La France, rappelons-le, a tué ses langues régionales. Alors que les Catalans ont fait un peu de bruit à Barcelone ces derniers temps, les Occitans, leurs très proches cousins, ne survivent plus qu'à l'état folklorique et très marginal. Par des politiques intégristes très vigoureuses, la France a tué l'occitan, le breton... Et maintenant, au nom d'une sorte d'intégration pseudo-internationale, la France tente d'étouffer rien de moins que le français.

    La France n'est pas un modèle et là, on n'aura pas de difficulté à en convaincre les Québécois. Toutefois, l'esprit de colonisé qui nous fait sourire n'épargne pas le Québec et surtout, n'épargne pas Québec. Québec a un appétit vorace pour tout ce qui s'appelle culture états-unienne (on devrait préférer ce mot à américaine) et en contre-partie semble de moins en moins ouverte à la diversité. Ne comptez pas sur les deux événements majeurs de la ville, le carnaval d'hiver et le festival d'été, pour vous mettre sur le chemin des découvertes. L'esprit des découvreurs fait partie du passé. On souhaiterait que la tendance des dernières années ne soit pas irréversible, mais on n'observe aucun signe qui laisse croire qu'elle soit sur son déclin.

    L'accent d'Amérique, soit ! Mais l'accent d'Amérique n'est pas l'effacement derrière la culture assimilatrice états-unienne, ce à quoi Québec résiste mal.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 14 novembre 2014 10 h 43

      Quand Paul Mc Cartney, Lady Gaga et Madona viendront chanter leurs 'tites tounes sur les Plaines devant des milliers de criquets, Régis va arrêter de les inviter. Dites-moi : Dans les mains de qui sont les choix ?

      PL

  • François Dorion - Inscrit 14 novembre 2014 11 h 31

    Merveille

    L'accent d'Amérique, merveille de notre ascendance américaine et canadienne française; notre langue, notre culture,; Une belle façon d'honorer une ville qui fait partie du patrimoine mondial et une population qui tient à ses racines.

    Félicitations au Conseil de Ville