La ville de Québec prête à accueillir des réfugiés qui se font attendre

Les réfugiés de la ville de Québec sont actuellement logés dans un motel jusqu’à ce qu’ils puissent s’installer dans un appartement.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Les réfugiés de la ville de Québec sont actuellement logés dans un motel jusqu’à ce qu’ils puissent s’installer dans un appartement.

L’ajout de nouveaux services pour les réfugiés à Québec survient au terme d’une année où on en a accueilli beaucoup moins que d’habitude.

Le Centre multiethnique de Québec doit déménager le 12 octobre dans sa nouvelle résidence, rue Dorchester, où on offrira un tout nouveau service d’hébergement temporaire pour les réfugiés dans le besoin.

En plus des 20 logements d’urgence, le nouveau centre doit servir de lieu de réunion pour les nombreux intervenants qui s’occupent des réfugiés, explique la directrice, Dominique Lachance. On y trouvera de nouvelles salles de rencontre et une cuisine pour organiser des activités communautaires.

Mme Lachance pense ainsi combler en partie les lacunes dans le suivi des réfugiés observées à Québec ces dernières années. « S’il y a quelque chose, ils [les réfugiés résidants] vont pouvoir venir directement dans les bureaux où il y a des intervenants », explique-t-elle. « On pense qu’il va y avoir plus d’accompagnement et moins de gens dans les craques du plancher. Ça fait partie des solutions. »

 

Du motel à La Canopée

Situé au 200 rue Dorchester, le projet, baptisé « La Canopée » et dont les coût s’élèvent à 15 millions de dollars, a été réalisé avec l’Office municipal d’habitation, qui y gérera une soixantaine de logements sociaux ordinaires.

Même si l’inauguration officielle n’aura pas lieu avant novembre, au moins trois familles de réfugiés pourront s’installer dans les logements d’urgence en même temps que le personnel du centre dès la semaine prochaine. Ces logements temporaires sont offerts pendant une période maximale d’un an. Ils permettront d’accueillir les gens en attendant qu’on leur trouve un logement permanent. Actuellement, ils sont hébergés dans un motel.

C’est le cas d’un petit nombre de réfugiés arrivés tout récemment dans la capitale. Un peu plus d’une centaine de personnes ont ainsi été accueillies à Québec depuis juillet. Ils arrivent par petits groupes et proviennent de la Colombie, du Bhoutan, de la République centrafricaine, du Rwanda et du Burundi, notamment.

Paradoxalement, l’ajout de services survient au terme d’une année particulièrement tranquille pour l’accueil des réfugiés parrainés par l’État canadien, reconnaît la directrice du Centre multiethnique. En 2013-2014, Québec a accueilli 282 personnes. « Ce n’est pas énorme parce qu’habituellement, on est autour de 380, 400 », dit-elle en ajoutant que ce ne sont pas les réfugiés qui manquent dans le monde. « Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de besoins. C’est que les pays accueillent moins. »

Il ne faudrait toutefois pas en conclure que les nouvelles chambres ne serviront pas, dit-elle. L’organisme se plaint depuis des années du manque de logements abordables à Québec pour les familles de réfugiés qui sont souvent nombreuses. Mme Lachance est en outre encouragée par la remontée récente des arrivées.

Le Centre s’attend par ailleurs depuis des mois à recevoir des gens d’Irak, mais les réponses tardent. Avec ce qui se passe dans le pays, où le groupe État islamique sévit, cela semble « plus que jamais » probable, précise-t-elle. Quant aux Syriens, aucune arrivée n’est pour l’instant annoncée.

2 commentaires
  • André Michaud - Inscrit 2 octobre 2014 10 h 00

    Bravo !

    Il est très important que les immigrés s'intègrent bien dans notre société, et il faut prendre les moyens afin d'éviter les ghettos ethnique comme à Montréal ou dans toutes les grandes villes..pour que ces humains se mélangent aux citoyens , tout en gardant leur personnalité propre évidemment.

    L'édifice , où j'ai déjà travaillé, est bien située au centre ville pour être au coeur de la ville, et des services publiques.

    • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 2 octobre 2014 13 h 00

      Il n'y a pas de ghettos à Montréal. Il y a certes des lieux où plusieurs membres se rassemblent, mais pas de ghettos, c'est-à-dire un lieu où des gens sont obligés de résider, séparés du reste de la population.C'est justement à cause de cette ouverture que Naïm Kattan, écrivain d'origine juive iraquienne a choisi de s'installer à Montréal.