Le milieu culturel rassuré malgré des chiffres inquiétants

Le chantier de l'amphithéâtre de Québec. 
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Le chantier de l'amphithéâtre de Québec. 

Malgré le ralentissement des ventes de billets de spectacle, Québecor a réussi au moins en partie à convaincre le milieu culturel de Québec qu’il pouvait tirer profit de l’arrivée de l’amphithéâtre dans un an.

« Les préoccupations persistent, mais on sent qu’il y a une réelle volonté de travailler en équipe, en concertation et que les gens qui vont opérer l’amphithéâtre ne veulent pas se positionner en concurrence directe avec les joueurs qui existent déjà », a déclaré Marc Gourdeau du Conseil de la culture à la sortie d’une rencontre avec les gens de Québecor.

Du Festival d’été à l’Opéra de Québec en passant par le Grand Théâtre, une quarantaine de diffuseurs ont rencontré les représentants du gestionnaire de l’amphithéâtre lors d’une rencontre à huis clos lundi après-midi.

Pour Marcel Dallaire du Grand Théâtre, les gens de Québecor semblaient vraiment chercher une formule « gagnant-gagnant » et le simple fait qu’ils se prêtent à un tel exercice est une bonne nouvelle. « Il y a une bonne communauté d’esprit. »

Daniel Gélinas du Festival d’été a parlé d’une « bonne rencontre ». Contrairement à d’autres, il ne voit pas de problème particulier à l’arrivée de Québecor comme producteur majeur. « On n’est pas dans les arénas, on fait un événement extérieur. C’est totalement différent. Ça ne change rien pour nous », a-t-il dit. « Le Festival d’été est très établi. »

Ravi de l’ouverture affichée par Québecor, le président du Conseil de la culture se réjouissait notamment qu’ils aient accepté d’établir un dialogue permanent avec le milieu sur l’état du marché du spectacle.

Optimiste, il a même laissé entendre que le ralentissement des ventes de billets de spectacle observé cette année serait un épiphénomène. Le nombre de spectateurs payants dans la capitale a baissé de 5 % entre 2009 et 2013, selon une étude récente produite par son organisation.

Outre cette baisse, le milieu culturel s’est dit préoccupé par l’arrivée massive de billets de spectacle sur le marché. En 2013, il s’est vendu dans la région de Québec environ 940 000 billets. Or on estime qu’avec Québecor, au moins 300 000 billets s’ajouteraient sur le marché, soit 30 % de plus.

Cette estimation se base sur l’étude Ernst Young de 2010 commandée par le gouvernement du Québec sur l’amphithéâtre. C’est pour l’instant la seule disponible puisque Québecor n’a pas dévoilé les siennes.

Un deuxième 400e ?

À ceux qui s’inquiètent, Québecor et la ville ont promis lundi un effet de levier. L’amphithéâtre, disent-ils, va permettre d’attirer des gens de partout au Québec et des Maritimes notamment.

« Comment on peut donner un nouvel élan ? C’est comme ça qu’il faut le penser », a déclaré le maire de Québec Régis Labeaume qui a évoqué un « buzz » similaire à celui du 400e. « Pour augmenter la tarte, il faut qu’on aille chercher d’autres clients puis qu’on brasse les nôtres un peu. »

« C’est un esprit d’équipe qui est en train de se former », a expliqué le patron de la programmation de l’amphithéâtre, Benoît Robert. « J’arrive ici [pour] travailler avec le milieu culturel, pour augmenter la venue de touristes à Québec pour qu’on puisse tous en profiter. »

Outre la perspective de nouveaux spectateurs, Québecor a évoqué différentes formes de collaborations. On parle de coproductions, de publicités sous forme de forfaits dans lesquels les spectacles de l’amphithéâtre seraient vendus avec d’autres produits locaux.

On parle aussi d’utiliser les médias de Québecor pour offrir de la visibilité aux organismes locaux. « On va utiliser nos outils médiatiques pour faire la promotion de l’amphithéâtre, mais de toute la culture du Québec », a déclaré M. Robert. « Nous ne laisserons […] personne de côté. »

 

1 commentaire
  • André Michaud - Inscrit 30 septembre 2014 10 h 00

    Énormément trop cher !

    Les billets pour les spectacles coûtent beaucoup beaucoup trop cher, plus ils coûtent cher et moins on peut en voir...et le hockey de la LNH est aussi avec des billets énormément trop cher!

    Trop de gens veulent vider les poches des consommateurs , et on tue ainsi la poule au oeufs d'or. Le moindre spectacle côute 50$ ou plus !! Quand on sait que la moyenne de revenu des musiciens au Canada est très basse, où va tout ce fric? Les intermédiaires ?

    Qu'on baisse les prix de moitié et on pourra encourager plus d'artistes..