Voie réservée aux autobus... et aux voitures

Le covoiturage dans la voie réservée de l’autoroute Robert-Bourassa pourrait réduire de 20 % le trafic sur les autres voies, selon le ministre des Transports, Robert Poëti.
Photo: Aaron Kohr Hemera Le covoiturage dans la voie réservée de l’autoroute Robert-Bourassa pourrait réduire de 20 % le trafic sur les autres voies, selon le ministre des Transports, Robert Poëti.

Pour réduire le trafic sur l’autoroute Robert-Bourassa, le ministère des Transports permettra aux voitures ayant plus d’un passager d’emprunter la voie réservée aux autobus.

En conférence de presse mardi, le ministre des Transports Robert Poëti a dit que cela pourrait réduire de 20 % le trafic sur les autres voies. Ce 20 % fait référence à la proportion de voitures qui comprennent plus d’une personne sur les autoroutes, selon le ministère. Cette statistique est représentative de l’ensemble du réseau et inclut les autobus, les taxis et les véhicules dont les passagers sont des mineurs qui ne peuvent pas conduire de toute façon.

Pour l’organisme Accès transports viables, qui fait la promotion du transport actif, il s’agit plus d’un recul que d’un progrès. « Pendant un certain temps, on aura une fluidité plus grande, a expliqué Étienne Grandmont. Mais à moyen terme, on va se retrouver avec des autobus pris dans le trafic, alors que la voie avait été construite pour le transport en commun. »

Interpellé à ce propos, le ministre a répondu qu’on ne pouvait pas « faire plaisir à tout le monde ». « Moi je travaille pour la majorité, et ce que la majorité a demandé, c’est ce qu’on fait ce matin. » Il ajoute que le covoiturage est « une nouvelle étape » et qu’« il faut monter les escaliers une [marche] à la fois ».

Le dossier des voies réservées est épidermique à Québec depuis trois ans. En 2011, les automobilistes avaient réagi avec colère quand les médias avaient révélé qu’une voie réservée pour les bus serait aménagée sur l’autoroute, alors en pleins travaux. Cela avait alimenté un discours anti-transport en commun, qui demeure influent dans la capitale.

Spécial Québec

 

Mardi, le ministre Poëti n’a pas caché que la formule proposée pour l’autoroute Robert-Bourassa avait été faite sur mesure. « Il y a des spécificités, a-t-il dit. Peut-être qu’ici, ça s’applique très bien et que ça ne s’appliquerait pas ailleurs. C’est fait pour ici. »

Un autre volet du projet pourrait toutefois être repris ailleurs. En effet, le gouvernement testera le long de cette autoroute des panneaux électroniques faisant varier la limite de vitesse en fonction du trafic. Ce nouvel outil, qui a coûté un peu plus de 200 000 $, pourrait être implanté dans la métropole en cas de succès, a fait savoir le ministre.

Les panneaux et les voies réservées pour automobiles seront en fonction à compter de lundi prochain pendant l’heure de pointe. L’autoroute Robert-Bourassa (anciennement du Vallon) relie le Boulevard Laurier à Sainte-Foy aux secteurs Lebourgneuf et Neufchâtel. La plupart des autobus qui y circulent sont des autobus express dédiés aux heures de pointe.

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