Québec aussi vit dans les hauteurs

Québec — Dans la capitale aussi, on se rapproche du ciel. Mais pas partout. La course aux étages se concentre le long d’une artère commerciale en pleine mutation, le boulevard Laurier.

 

Connu pour ses centres commerciaux et ses hôtels, ce boulevard à l’américaine est en train de changer de visage. Dominé par les grandes surfaces à un étage et les immeubles de bureaux de taille modeste, il abrite depuis peu une tour digne de ce nom : le Complexe Jules-Dallaire du Fonds de placement Cominar.

 

Avec ses 28 étages, cet immeuble compte trois niveaux de moins que le plus élevé de la ville, l’édifice Marie-Guyart (complexe G). On trouve un peu de tout dans cette tour : des condos de luxe aux étages supérieurs, des bureaux, des restaurants et des commerces au rez-de-chaussée.

 

Et ce n’est qu’un début. Récemment, le patron de Cominar annonçait que le terrain de l’ancien hôtel des Gouverneurs subirait le même sort en 2015-2016 avec l’ajout de quatre tours de plus.

 

« On dirait que c’est à la mode en ce moment. Il y a plusieurs projets qui ont été annoncés récemment, remarque Martin Dubois, consultant en patrimoine et professeur d’architecture à l’Université Laval. J’ai l’impression qu’à la Ville de Québec, ils ont décidé que s’il y avait de la construction en hauteur, ce serait là. Ils ont vraiment donné le feu vert. »

 

En effet, la Ville a augmenté de façon considérable le nombre d’étages permis à cet endroit (de 17 à 28). Mais elle en a aussi profité pour planifier le développement de tout le quartier qu’on décrit de plus en plus comme le deuxième centre-ville de Québec.

 

« Les gens vont travailler là, ils vont magasiner là. Ce qui manque, ce sont des humains, résumait le maire Régis Labeaume lors de la présentation de sa stratégie en octobre 2011. Dans le fond, on a demandé aux gens de l’urbanisme de créer un nouveau village de 2500 personnes et de faire de ce village-là un lieu autosuffisant. »

 

Cela a pris la forme d’un Plan particulier d’urbanisme (PPU), sorte de miniplan d’urbanisme très détaillé dans un secteur. « Si la Ville laisse aller les promoteurs construire n’importe quoi, il va être trop tard, explique le professeur Dubois. Après, on ne pourra plus ramener ça à une échelle plus humaine. »

 

Outre les tours, on parle de trottoirs élargis, d’espaces verts, de lieux conviviaux et d’une desserte exemplaire en transports en commun. M. Dubois convient toutefois que tours et milieux de vie ne sont pas nécessairement faciles à concilier. « C’est sûr que c’est un peu contradictoire parce que les grandes tours, ça amène des corridors de vents qui ne sont pas très attrayants pour les piétons, dit-il. Mais je crois qu’il y a moyen de revoir le tout pour que ça devienne un secteur de la ville plus attrayant. Ça va dans le bon sens. »

 

La Ville a en outre déjà dû s’ajuster aux humains qui se trouvent déjà dans le secteur en réduisant le nombre d’étages permis du côté sud du boulevard. À cet endroit, on trouve des rues bordées de maisons unifamiliales tout juste derrière les terrains des hôtels. Là comme ailleurs, la densification suscite des critiques, mais moins que dans les vieux quartiers du centre-ville. Surtout, les citoyens ne peuvent pas y bloquer les projets via des référendums locaux puisque l’adoption des PPU empêche leur tenue.

1 commentaire
  • Jonathan Laterreur - Inscrit 22 avril 2014 12 h 14

    Pas la même vision

    Je travaille sur le boulevard Laurier et j'ai une image très négative de l'endroit. De plus, je ne crois pas qu'on puisse dire qu'on construit en hauteur avec seulement un édifice de 28 étages...