Mafia: Régis Labeaume dit fonder ses accusations sur des sources fiables

Le groupe inconnu qui a acheté Le Concorde des mains d’Eddy Savoie a démenti les accusations du maire de Québec, Régis Labeaume.
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Le groupe inconnu qui a acheté Le Concorde des mains d’Eddy Savoie a démenti les accusations du maire de Québec, Régis Labeaume.
Québec — Le maire de Québec, Régis Labeaume, affirme que deux sources fiables qui ne se connaissent pas l’ont avisé ces derniers jours que les acheteurs de l’hôtel Le Concorde avaient des liens avec Tony Magi.

En conférence de presse vendredi, M. Labeaume a prétendu qu’une de ces sources était une « institution québécoise respectée ». Il a ensuite dit que ce n’était pas l’Unité permanente anticorruption (UPAC) ou encore une institution liée à l’immobilier.

Jeudi, il avait créé une onde de choc en révélant que la Ville soupçonnait sérieusement la mafia d’être liée au groupe d’acheteurs.

« Ce qu’on ne veut pas, c’est du blanchiment d’argent dans l’investissement immobilier », a-t-il expliqué vendredi. Il a ajouté que la Ville avait été particulièrement alarmée quand elle avait vu une annonce pour y vendre dix condominiums à 650 000 $ chacun. « Qui peut acheter 10 condos pour 650 000 $ ? », a-t-il répété.

Selon ses dires, M. Magi ne ferait pas partie des acheteurs en tant que tel, mais serait représenté par un prête-nom dans le groupe. En attendant, les spéculations vont bon train sur l’identité des membres de ce groupe, qui n’a pas été dévoilée. La vente n’ayant pas été complétée, ils s’expriment actuellement par la voix d’un avocat.

Ce dernier, Me Stéphane Harvey, a de nouveau vivement démenti les accusations du maire. En parlant de M. Magi, il a dit avoir « appris hier [mercredi] son existence ». Interrogé sur la possibilité que l’un des investisseurs lui serve de prête-nom, il a rétorqué : « Ça me surprendrait fortement parce que j’ai reparlé à mes gens, puis on ne le connaît même pas. »

Me Harvey ajoute que la vente devrait aller de l’avant comme prévu. « On a décidé de continuer, puis on va essayer de rétablir les ponts avec la mairie. »

Le maire réplique à Eddy Savoie

Quant au vendeur de l’hôtel, Eddy Savoie, il a suggéré en matinée à l’émission de Paul Arcand que le maire Labeaume cherchait ainsi à favoriser un ami intéressé par l’immeuble.

Une affirmation vivement démentie par le maire, qui affirme que M. Savoie fait allusion à un certain Jean-Guy Sylvain qui n’est qu’une connaissance.

Rappelons qu’avant ces allégations sur la mafia, la Ville de Québec avait voulu empêcher M. Savoie de convertir l’immeuble en résidence pour personnes âgées. Ce dernier avait par la suite annoncé qu’il l’avait vendu à un groupe souhaitant le convertir en complexe d’hôtel-condos.

Avant lundi, ce dernier projet respectait le règlement de zonage, ce qui n’est plus possible depuis la résolution adoptée lundi au conseil municipal. Me Harvey met toutefois en doute la légalité du change. Il fait valoir qu’une ville n’a pas le droit de voter une résolution visant un groupe en particulier. « On attend l’avis juridique d’un cabinet réputé sur la façon dont ça s’est fait. »

L’avocat dit s’appuyer à cet égard sur une décision rendue par la Cour suprême contre Maurice Duplessis. « Duplessis avait décidé que quelqu’un n’était pas correct parce qu’il pensait qu’il avait des liens avec le Parti communiste. Puis il avait fait un règlement qui avait pour effet de juste cibler son commerce. »

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