La sainteté pour François de Laval et Marie de l’Incarnation

Deux figures majeures de l’histoire de la Nouvelle-France se sont fait reconnaître le statut de saint par le pape François jeudi.

 

Désormais, on devra parler de sainte Marie de l’Incarnation et de saint François de Laval, a annoncé le pape François en matinée tout en donnant le même honneur à un missionnaire brésilien.

 

Pour le clergé de la capitale, il s’agit d’une première parce que les autres canonisés du Québec (Marguerite D’Youville, Marguerite Bourgeoys, le frère André, Kateri Tekakwitha et les Saints Martyrs canadiens) venaient d’autres régions ou n’étaient pas directement associés à Québec.

 

La nouvelle a été accueillie avec jubilation par les dirigeants locaux de l’Église catholique. « Mon coeur palpite », a déclaré le cardinal Gérald Cyprien Lacroix en soulignant qu’avant de devenir des saints, François de Laval et Marie de l’Incarnation avaient déjà une « réputation de sainteté ».

 

Ministres avant l’heure

 

Les deux missionnaires ont joué un rôle clé dans la survie et le développement de la colonie au XVIIe siècle. Comme l’a souligné monseigneur Maurice Couture, ils géraient à l’époque l’équivalent actuel des ministères de la Santé et de l’Éducation.

 

La supérieure des Ursulines, Sr Louise Gosselin, a rappelé le parcours étonnant de Marie de l’Incarnation, qui avait été mariée et avait eu un fils avant de tout quitter pour la colonie. Très mystique, Marie de l’Incarnation avait une « grande ouverture à l’autre » et aux autochtones, dont elle avait compris la langue. Elle avait même renoncé à franciser les jeunes Amérindiennes, contre la volonté du roi.

 

De François de Laval, Marie de l’Incarnation avait écrit qu’il « tenait tout le pays en admiration ». Le fondateur du séminaire était réputé près des malades. À son décès, on l’avait traité comme un saint en coupant des morceaux de sa robe comme des reliquats, a raconté le supérieur du Petit Séminaire, l’abbé Jacques Roberge.

 

Pour le diocèse de Québec, les bonnes nouvelles en provenance de Rome se multiplient depuis quelques mois. Les canonisations s’ajoutent à l’attribution d’une « Porte Sainte » à la basilique et à la nomination de monseigneur Lacroix au titre de cardinal.

 

Ce dernier y voit de précieux « encouragements » dans ses efforts d’évangélisation. « Ça nous donne de la gazoline », a-t-il lancé en riant.

 

Les canonisations seront célébrées lors d’une grande messe à la basilique Notre-Dame de Québec le 15 mai. D’ici là, les croyants sont invités à aller se recueillir sur les tombeaux des deux saints à la basilique et à la chapelle des Ursulines.

10 commentaires
  • Nicole Ste-Marie - Abonnée 4 avril 2014 08 h 29

    Beaucoup de Saints parmi les Québécois

    Il y a une gang de Québécois qui devraient être canonisés si François de Montmorency Laval l'est.

    Lire :
    "Histoire du protestantisme français au Canada et aux États-Unis" par le
    pasteur Rieul P. Duclos
    ainsi que
    "Histoire du Canada" par J.B.A. Ferland, prêtre
    prof d'histoire à l'Université Laval en 18??
    Première édition.

    • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 4 avril 2014 12 h 25

      Ce livre a été édité en 1867.

  • Nicole Ste-Marie - Abonnée 4 avril 2014 08 h 47

    Impensable, Incroyable !

    Les Jésuites, ayant à leur tëte Montmorency Laval, faisaient la chasse aux Huguenots. Ils fallaient qu'ils abjurent ou s'exilent vers la Nouvelle Angleterre, sinon ont les éliminaient.
    Les saints martys canadiens, des saints, impensable.
    Lire la constitution de la "Compagnie de Jésus" qui interdisait aux réformés de se rendre en Nouvelle-France.
    C'est pas croyable. Je suis certain que le pape François n'est pas au courant de cette histoire. La perfection n'est pas de ce monde.

  • Georges LeSueur - Inscrit 4 avril 2014 11 h 12

    Question

    Marie de l'Incarnation une sainte ? L'Église a la caractéristique d'élever à la sainteté les personnes qui contribuent à son prestige par la fondation d'une congrégation et l'affirmation de leur personnalité.
    Ses lettres dithyrambiques à son fils sur son amour du Christ et son engagement religieux en font une grande mystique de son siècle. Mais selon notre regard contemporain, elle passerait possiblement pour une fanatique ou une névrosée.
    Il serait bon de lire un historien objectif qui ne soit pas trop attaché au Vatican pour dégager la vérité sur la véritable nature de la fondatrice des Ursulines de Québec.

    • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 4 avril 2014 13 h 51

      Vous n'avez qu'à lire vous-même ses écrits, pas besoin d'intermédiaires :

      "Le témoignage de Marie de l'incarnation, ursuline de Tours et de Québec, Chez Gabriel Beauchesne éditeur à Paris, 1931.

      "On n'est jamais si bien servi que par soi-même"

      Ce livre est disponible à BANQ.

  • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 4 avril 2014 12 h 46

    Henri IV

    Suite aux nombreuses guerres de religion, Henri IV a instauré l'édit de Nantes permettant aux protestants de pratiquer leur religion en France. En France mais pas dans les territoires étrangers régis par la France, soit les Indes orientales et la Nouvelle-France. L'édit de Nantes fut révoqué par Louis XIV, forçant une migration majeure des hugenots hors de France. Les jésuites n'étaient qu'un des bras chargés de faire respecter cette loi. Champlain lui-même les a chassés d'ici.

    • Nicole Ste-Marie - Abonnée 4 avril 2014 15 h 16

      Louis XIV, le petit soleil, a abrogé l"édit de Nantes par l'édit de Fontainebleau. Forçant leur abjuration avec ses dragonnades et ceux-ci émigrèrent en Allemagne, Suisse, Pays-Bas et dans les colonies françaises pour ne nommer que ces destinations. Il dû interdire ce mouvement migratoire des huguenots (protestants français) puisqu'il détruisait son économie. Trop tard le mal était fait.
      Champlain, diplomate, a toléré et favorisé leur venu en Nouvelle-France. (Abrégeons) Champlain lui-même était un huguenot. Jean-Marie Germe, généalogiste, consultant les archives de l'ancien temple calviniste Saint-Yon, à la Rochelle, place forte huguenote, est tombé sur un document dans lequel il reconnut les noms d'Antoine Chapeleau et Marguerite LeRoy. Le document était l'acte de baptême de leur fils Samuel, daté du du 13 août 1574. En éclaircissant le mystère de l'année de naissance de Champlain, le document corrobore aussi ce que les historiens doutaient depuis des années, à savoir que Samuel de Champlain était né dans une famille protestante. (ref. disponible)

    • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 4 avril 2014 17 h 24

      Le gros de la migration protestante s'est fait vers l'Angleterre, entre 150000 et 250000 individus.

      L'accès à la Nouvelle-France leur était strictement interdite.

      Plusieurs Rochelais sont calvinistes et étaient présents dans la région de Matane vers 1620 où ils pêchent la morue. Champlain n’hésite pas à chasser ces « voleurs de Rochelais » qui font aussi la contrebande des peaux malgré l’interdiction royale.

      Rienne prouve que Champlain ait conservé sa religion d'origine. Les transferts étaient forts neumbreux à l'époque, pour des raisons évidentes.

    • Nicole Ste-Marie - Abonnée 5 avril 2014 06 h 40

      La migration protestante s'est faite principalement en Allemagne, les Provinces-Unies, la Suisse et l'Angleterre, et par la suite les colonies.
      Sa naissance dans une famille protestante, son mariage avec Hélène Boullé, une huguenote, sa proximité avec Henri IV, foncièrement huguenot, fait que Champlain est et sera toujours protestant français. Rien ne prouve, aucun document ne prouve que Champlain a abjuré .
      Pierre Dugua de Mons, protestant français, a financé les plus importantes entreprises de Champlain le navigateur, le géographe, l'explorateur, le cartographe, le naturaliste, etc., etc.
      Seuls les huguenots un peu plus fortunés, commerçants, anti-papistes, pouvaient se payer ces formations avec l'argent des indulgences et des dîmes qu'ils ne payaient pas.
      Ces voleurs de Rochelais, vous dites ?? Au XIV et XV siècle, les Français, les Espagnols les Portugais, les Anglais, les Scandinaves pêchaient sur les côtes de l'Amérique et sur la grande rivière de Laurent de Rome jusqu'à Matane.
      Les voleurs de Rochelais vous dites, interdiction royale vous dites, Papiste vous dites, Monsieur Francoeur s'il vous plaît qui sont les voleurs ?...

    • Nicole Ste-Marie - Abonnée 5 avril 2014 06 h 44

      J'oubliais, les raisons évidentes que vous invoquez, concernant les transferts de religion fort nombreux à l'époque sont: les persécutions les dragonnades et les faux enregistrements dans les régistres des paroisses n'est ce pas ?