Un enjeu de hauteur à Québec

La Ville de Québec a investi massivement dans la revitalisation de la rue Saint-Joseph, au cœur du quartier Saint-Roch. Le maire Labeaume est convaincu que la solution passera par une densification démographique du secteur.
Photo: Clément Allard - Le Devoir La Ville de Québec a investi massivement dans la revitalisation de la rue Saint-Joseph, au cœur du quartier Saint-Roch. Le maire Labeaume est convaincu que la solution passera par une densification démographique du secteur.

Québec — À Québec, la Ville a investi massivement depuis 20 ans pour revitaliser la rue Saint-Joseph, au coeur du quartier Saint-Roch. Crédits d’impôt aux entreprises, ateliers d’artistes, démolition du vieux mail… Or ça n’a pas suffi, juge-t-on.

 

« Il y a 20 ans, il y avait 20 000 personnes qui habitaient dans Saint-Roch et maintenant, dans la même zone, c’est 7000 personnes, plaide la conseillère du district Chantal Gilbert. C’est pour ça que l’artère commerciale a eu beaucoup de difficulté. »

 

L’administration Labeaume est convaincue que la solution passe par la construction résidentielle et la fameuse densification. On veut notamment ériger une tour d’habitation en plein coeur du quartier, à l’angle de Saint-Joseph et de la Couronne.

 

« Ce qui manque, ce n’est pas l’attrait, la beauté, la variété… Ce qui manque, c’est des propriétaires occupants, des locataires, des gens qui viennent vivre dans le quartier », dit-elle.

 

Or le projet de tour fait face à des résistances. Des groupes locaux, dont le conseil de quartier, ont fait valoir qu’il est trop gros avec ses 16 à 20 étages. Surtout que la Ville propose en même temps de changer le zonage des immeubles autour.

 

La conseillère de l’opposition Anne Guérette a souvent dénoncé ce genre de projet en reprochant au maire et à son équipe de vouloir avant tout multiplier les revenus de taxes.

 

Ce type d’affrontement a d’ailleurs tendance à se répéter d’une artère commerçante à l’autre. Ainsi, en 2012, la population avait rejeté un projet de condos et de logement social dans une autre rue clé, la rue Saint-Jean. Le promoteur voulait construire sur l’îlot Irving un bâtiment en escaliers de 9 étages au lieu des 4 prévus au zonage.

 

L’an dernier, c’était au tour des résidants de la rue Cartier, dans le quartier Montcalm, de se prononcer contre le gabarit d’un projet de condos au coin du boulevard René-Lévesque (l’îlot Esso). Cette fois, on voulait faire passer le zonage de 4 à 6 étages.

 

Les citoyens qui réclament des bâtiments moins massifs se font répondre qu’il faut construire plus haut pour rentabiliser les coûteux terrains. Dès lors, plus le quartier est prisé, plus les tensions risquent d’être grandes.

 

Par ailleurs, certaines artères commerçantes gagnent en popularité à l’abri de tels conflits. C’est le cas de Saint-Vallier, dans Saint-Sauveur, et surtout de la 3e Avenue (Limoilou), où les jeunes familles affluent.

 

Pour soutenir les artères commerçantes, le Carnaval de Québec a apporté sa contribution récemment en développant une programmation spéciale. La Ville a enfin encouragé les commerçants à se regrouper au sein de Sociétés de développement commercial (SDC), lesquelles sont passées d’une à six en quelques années. Les commerçants des SDC doivent réunir au minimum 50 000 $ pour recevoir une subvention représentant 75 % de la somme recueillie. Grâce à un partenariat avec l’organisme ZAP-Québec, elles pourront bientôt toutes offrir le sans-fil gratuit.

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