Un nouvel avis d’infraction pour Arrimage Québec

Le ministère du Développement durable et de l’Environnement confirme que la poussière rouge découverte la semaine dernière dans le port de Québec est de l’oxyde de fer et qu’elle provient des activités d’Arrimage Québec.
Photo: Renaud Philippe - Le Devoir Le ministère du Développement durable et de l’Environnement confirme que la poussière rouge découverte la semaine dernière dans le port de Québec est de l’oxyde de fer et qu’elle provient des activités d’Arrimage Québec.

Le ministère du Développement durable et de l’Environnement a envoyé mercredi un nouvel avis de non-conformité à l’entreprise Arrimage Québec, à la suite d’un récent épisode de poussière rouge. Or l’entreprise rétorque qu’il appartient à Ottawa et non à Québec de surveiller ses activités.

 

L’avis de non-conformité découle de poussière repérée le 9 janvier dans la zone portuaire. Rien ne prouve à ce jour qu’elle est liée aux poussières rouges vues dans le quartier Limoilou deux jours plus tard.

 

En plus du cas de Limoilou, le ministère avait en effet reçu deux appels concernant des poussières trouvées sur la glace à proximité du quai 53. Or voilà qu’il confirme que la poussière dans le port est de l’oxyde de fer et qu’elle provient des activités d’Arrimage Québec, qui transborde du minerai à proximité.

 

« L’entreprise est blâmée pour avoir émis un contaminant dans l’environnement et pour ne pas en avoir averti immédiatement le ministère », a souligné le porte-parole Frédéric Fournier.

 

Du côté d’Arrimage Québec, on s’est refusé à tout commentaire jeudi, mais on a permis au Devoir de consulter la lettre transmise au ministère par les avocats de l’entreprise.

 

L’entreprise se défend

 

Dans cette lettre, Arrimage met en doute l’existence de la poussière du 9 janvier. « Nous souhaitons connaître l’évènement précis auquel vous [vous] référez de même que l’identification du contaminant dont vous alléguez l’émission, le dépôt, le dégagement ou le rejet. »

 

Surtout, l’entreprise rappelle qu’elle a déjà intenté un recours judiciaire visant le ministère en décembre. Elle plaide que ce n’est pas à lui de faire la surveillance environnementale de ses activités. Cette dernière, écrit l’avocate, « ne relève pas de la juridiction du MDDEFP, mais de celle du gouvernement fédéral ».

 

C’est au moins la quatrième fois que le MDDEFP diffuse un avis contre Arrimage Québec depuis le premier épisode de poussière rouge à l’automne 2012. 

Les deux derniers avis portaient sur le dossier du nickel et sur celui du terminal de granules.

 

 

Dans le premier dossier de poussières rouges, Arrimage avait reconnu sa responsabilité, mais avait fait valoir que les poussières en question étaient sans danger pour la santé. Or la Santé publique (DRSP) pense autrement. « Quelle que soit l’émission de composés dans l’air, la DRSP n’est jamais favorable à ce genre de situation et les effets […] sont déplorables », a-t-on indiqué jeudi.

 

Concernant l’oxyde de fer en particulier, la DRSP remarque qu’il « n’a pas d’effet immédiat [sur] la santé » mais « peut présenter des risques au plan respiratoire, particulièrement pour les personnes souffrant d’asthme ».

 

Du côté du Port de Québec, on souligne par ailleurs que la contamination du 9 janvier avait lieu loin de la zone urbaine, « sur les berges, en bordure de l’eau ». « Ce n’était pas dans la communauté », a fait valoir le porte-parole Anik Métivier en parlant d’un incident « mineur » et de « courte durée ».


 
3 commentaires
  • Jacques Morissette - Inscrit 17 janvier 2014 03 h 33

    Ça me rappelle le titre d'un roman d'André Langevin Poussière sur la ville.

    L'entreprise a peut-être raison, mais... si ce n'est pas le cas et qu'ils sont responsable de cette poussière rouge. C'est de ce genre d'entreprise irresponsable que la population du Québec ne veut pas. À moins que, je ne sais pas. Il y a peut-être des gens qui aiment ça, avoir à respirer le rejet de certaines entreprises et qui disent supposément que ce ne sont pas eux.

  • Louis La Bonté - Inscrit 17 janvier 2014 08 h 11

    On n'apprend pas à un singe à faire des grimaces

    Chronologie de la logique légaliste d'une entreprise irresponsable :
    1) Le problème ne vient pas de nous. C'est scandaleux de nous accuser ainsi sans preuves;
    2) Même si le problème vient de nous et que vous avez des preuves, ce n'est pas dangeureux;
    3) Même si c'est dangereux, ça n'a pas touché la population;
    4) Même si ça a touché la population, vous n'avez pas le droit de nous surveiller;
    5) Si vous continuez de nous surveiller, nous vous traînerons en cour pour pouvoir poursuivre impunément nos activités négligentes pendant des années;
    6) Si nous perdons après toutes ces années, nous trouverons bien d'autres échappatoires. Nous avons de bons avocats et de bons relationnistes (rire machiavélique).

    Pendant ce temps, mes enfants asthmatiques continuent de respirer cette jolie poussière rouge. Parallèlement, que fait le gouvernement fédéral, qu'Arrimage Québec considère comme la seule autorité légitime? Allez savoir! L'environnement et la santé ne font pas le poids contre le pouvoir de l'argent. Tant qu'il n'y a pas de morts, tout est permis. Et quand il y aura des morts... on verra bien.

  • Jacques Morissette - Inscrit 17 janvier 2014 10 h 13

    Quand on doute de l'engagement discutable des entreprises concernant l'environnement.

    Dans ce genre de scénario, ces entreprises ne savent pas le genre d'impact qu'ils ont sur l'opinion des gens face à eux. C'est de ça au fond qu'il s'agit quand on voit une population qui hésite à laisser faire les minières, alors que c'est de notre santé et de celles de nos enfants dont il est question.