Régimes de retraite - Guerre de mots entre Labeaume et Maltais

La ministre du Travail Agnès Maltais s’est portée mardi à la défense de la Commission des relations du travail (CRT) face au maire de Québec. Ce dernier dénonce maintenant le passé syndical de certains membres de l’organisme et s’inquiète de « nominations partisanes ».

 

Tout a commencé sur l’heure du dîner quand la ministre a reproché au maire Labeaume d’avoir tenu des propos « inappropriés » sur les membres de la Commission des relations du travail.

 

Mécontent qu’on ait confié à la CRT de trancher les pourparlers sur les régimes de retraite dans le plan Maltais, le maire avait dit que des « fonctionnaires probablement syndiqués » ne devaient pas statuer sur les fonds de pension.

 

Irritée, la ministre du Travail a répliqué qu’il était mal informé. « Ce sont des juges administratifs, et non des arbitres, nommés pour cinq ans après un concours rigoureux […] ils ne sont pas visés par la Loi sur la fonction publique, donc non syndiqués. »

 

Or le maire n’en est pas resté là. En marge de l’examen du budget, il a répliqué en ciblant cette fois le passé syndical des membres de la CRT. « J’ai compris qu’ils n’étaient pas syndiqués. Là, on le sait. Ceci dit, sur neuf membres, il y en a trois qui viennent directement des syndicats », a-t-il dit.

 

Il a ensuite demandé au gouvernement de lui garantir qu’il n’y avait pas de nominations partisanes à la CRT. « J’ai besoin d’être rassuré. Si j’étais contribuable de Québec, je ne me sentirais pas en sécurité ».

 

Régis Labeaume est opposé depuis le début à ce qu’on donne à la CRT le dernier mot dans les discussions sur les régimes de retraite. Il croit que les municipalités devraient avoir ce pouvoir.

 

Six de mois de négos

 

Le plan de la ministre pour réformer les régimes de retraite prévoit une période de six mois de négociations entre patrons et syndicats sur l’ampleur de la réforme. En cas d’échec au bout de six mois, un conciliateur entrera en scène. Enfin, si ce dernier échoue à son tour, la CRT devra trancher.

 

M. Labeaume plaide que les membres au passé syndical de la CRT ne peuvent pas « prendre la part des contribuables ». « Il n’y a personne là-dedans qui va remettre en question les ententes qui ont été négociées dans le passé. »

 

Interrogé sur le fait qu’un syndicat avait lui aussi dénoncé le mandat donné à la CRT la semaine dernière (le Syndicat canadien de la fonction publique), il a dit ne pas comprendre. « Demandez-leur pourquoi. Ça m’a surpris moi-même. »

 

En fin de journée, la ministre Maltais s’est de nouveau portée à la défense de la Commission des relations du travail. « Le maire vient encore une fois de faire une déclaration non fondée, dit-elle. Il croit qu’il y a neuf juges. Il y a une quarantaine de juges à la CRT, et ils viennent de tous les horizons. »

 

Concernant la question des nominations partisanes, elle a dit ne pas « comprendre pourquoi il se retranche derrière ça ». Pour elle, il est exclu qu’on donne aux municipalités le dernier mot dans les négociations. « C’est exclu. La réponse, il l’a depuis avant la dernière campagne électorale. »

3 commentaires
  • Martine Fortin - Inscrite 18 décembre 2013 10 h 15

    Un peu de jugement mme Maltais SVP

    Chère madame, quand vous étiez dans l'opposition, on a échangée par internet. Vous aviez du jugement et une vue aidante pour les gens. Je m'apercois que vous avez changée de perspectives depuis ce temps, comme si vous pliez pour plaire a des gens obscurs et sans âmes, mais j'ai une idée de la cause; j'espère me tromper.

    Le maire Labaume et le maire Coderre; les maires de la Capitale et de la Métropole du Québec, donc les 2 plus importantes villes du Québec veulent régler ce méchant problème au bénéfices de la population.

    Ces maires ne veulent pas que des fonctionnaires syndiqués décident pour d'autres fonctionnaires syndiqués. C'est comme demander à la police de décider pour la police. Les gens sont évolués, plus que vous pensez, et raisonner de cette manière vous incrédiblent énormément. SVP, ne prenez pas les gens pour des valises et laissez ces maires, qui connaissent ce problème gigantesque, le régler avant que ces 2 villes (et d'autres) tombent en faillite. C'est pourtant clair.

  • Stéphane Laporte - Abonné 18 décembre 2013 12 h 54

    Alors

    À lire ce qui est écrit sur cette page, il semble que les syndiqués ne soient pas des citoyens habitant les villes et que ce ne devrait être que le patronat qui décide de leurs avenirs. Drôle d'idées.

  • Jocelyn Boily - Inscrit 20 décembre 2013 16 h 19

    Outre passer son mandat

    20 décembre 2013

    Outre passer son mandat?

    Après avoir été son alliée dans le dossier du contrat sur la gestion de l’amphithéâtre voilà que le maire de Québec Régis Labeaume part en guerre contre la ministre du travail et ministre responsable de la région de Québec Agnès Maltais. De ce fait le maire dénonce la stratégie du gouvernement du Québec de faire appel à la commission des relations de travail (CRT) advenant le cas où patrons et employés n'arrivent pas à s'entendre sur les régimes de retraite.

    Par contre très mal informé monsieur Labeaume mentionnait que des fonctionnaires syndiqués du CRT statueraient sur des conventions de fonctionnaires syndiqués ce que la ministre s’est empressé de démentir. En effet Créée le 25 novembre 2002, la CRT est un tribunal administratif indépendant de juges non syndiqués spécialisés dans les domaines des relations du travail.

    Ce qui fâche le maire c'est de ne pas être en mesure de pouvoir décréter les conventions collectives. Le maire navigue sur son résultat obtenu à la mairie de Québec soit 74% des 55% de citoyens qui sont allés voter pour revendiquer des droits qui sont de juridictions provinciales.