Ville de Québec - Les pistes cyclables victimes du «pas dans ma cour»

L’administration Labeaume souhaite accélérer la cadence dans le développement du réseau cyclable.
Photo: Yan Doublet - Le Devoir L’administration Labeaume souhaite accélérer la cadence dans le développement du réseau cyclable.

La principale embûche au développement des pistes cyclables à Québec provient des citoyens qui craignent de perdre des stationnements, selon la Ville.

 

« Tout le monde en veut [des pistes cyclables], sauf que quand ça passe devant chez eux, personne n’en veut », a résumé le conseiller municipal Sylvain Légaré mercredi. « Le plus gros frein, c’est les citoyens. »

 

Selon le directeur des transports, Marc Des Rivières, la Ville s’est butée à plusieurs obstacles ces dernières années en tentant de raccorder les pistes existantes et d’en construire de nouvelles. « On ne réalise pas des dizaines et des dizaines de projets par année, mais dans chacun, il y a toujours un petit peu de résistance. Sur Père-Marquette, on a eu de la résistance. Quand on a fait Chauveau, on a eu de la résistance. »

 

Civisme

 

Souvent, les gens s’opposent parce qu’ils ne veulent pas qu’on retire le stationnement devant chez eux, mais il arrive aussi qu’il s’agisse de « mauvaises perceptions » des cyclistes. « On va nous dire [qu’]un cycliste, ça manque de civisme, ça va jeter ses papiers par terre. » Des citoyens ont même dit craindre que des cyclistes aillent uriner sur leur terrain, a-t-il raconté.

 

Ces résistances sont-elles propres à Québec ? Oui et non, répond Suzanne Lareau, la présidente directrice-générale de l’organisme Vélo-Québec. La crainte de perdre un stationnement est « un classique », dit-elle, et ce, « pas juste au Québec ».

 

Toutefois, les commentaires sur le civisme des cyclistes l’ont passablement surprise. « C’est les commentaires que j’entendais à Montréal il y a 30 ans, ça me fait dresser les cheveux sur la tête ! » Selon Mme Lareau, la Ville doit faire preuve de « leadership », d’autant plus qu’elle est « très en retard ».

 

Pour le conseiller Sylvain Légaré, la solution passe par la consultation qui aurait lieu avant l’été 2014.

 

C’est que l’administration Labeaume souhaite accélérer la cadence dans le développement du réseau cyclable. Dans le dernier Programme triennal d’immobilisations (PTI), elle a ajouté 10 millions aux fonds déjà prévus, lesquels seraient investis surtout à partir de 2015. « On a demandé au Service d’accélérer, a expliqué le maire Régis Labeaume mercredi lors de l’étude du PTI. On veut donner un coup dans le réseau. »

 

Paradoxale

 

La situation de Québec est plutôt paradoxale en matière de vélo. La Ville est considérée comme un paradis des cyclistes de fin de semaine avec des corridors récréatifs qui font des envieux (promenade Samuel-De Champlain, corridor du Littoral, des Cheminots, etc.).

 

Or le réseau utilitaire est très pauvre par rapport à d’autres villes. « Le réseau cyclable de la ville est discontinu et son maillage est déficient », peut-on lire dans le dernier Plan directeur du réseau produit par la Ville. « Plusieurs axes importants, qu’ils soient d’est en ouest ou du nord au sud, sont incomplets ou inexistants entre les secteurs résidentiels et les principaux générateurs de déplacements. »

17 commentaires
  • Josette Allard - Inscrite 12 décembre 2013 03 h 55

    Vélo de fin de semaine

    En effet des pistes cyclables utilitaires qui permettent de se rendre au travail ou de faire ses courses sont inexistantes à Québec,contrairement à ce que l'on peut voir à Montréal .

  • Sébastien Collard - Abonné 12 décembre 2013 06 h 52

    Retard à combler

    Québec est effectivement en retard sur plusieurs axes pour le vélo de semaine. Il faudrait également penser aux côtés et ajouter des systèmes d'aide.

    • Vincent Collard - Inscrit 12 décembre 2013 13 h 08

      Québec est en retard sur plusieurs axes... point. ;)

  • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit 12 décembre 2013 06 h 58

    Comprendre Québec

    «On y entend les commentaires entendus à Montréal il y a trente ans.»

    Excellente description de cette jolie ville.

    Desrosiers
    Val David

    • Richard Poulin - Inscrit 12 décembre 2013 11 h 39

      Très exact

      rpoulin
      Québec

  • Martine Fortin - Inscrite 12 décembre 2013 09 h 15

    Améliorations a faire.

    C'est vrai, comme dit m.Cossette, que plusieurs secteurs de la ville ne sont pas "équipés" pour le passage des cyclistes.
    Par exemple, le secteur nord (loretteville...) pour aller à Ste-Foy et le secteur Orsainville pour aller au centre-ville sont vraiment mal desservie.
    Les citoyens et les élus doivent appuyer ce mode de transport et cesser d'être des "éteignoirs", genre que les gens pro-actifs détestent.

    • Luciano Buono - Abonné 12 décembre 2013 16 h 06

      Je suis d'accord, c'est un casse-tete de passer a travers le parc Industriel pour acceder a la haute-ville. C'est sur le boul. Pierre-Bertrand qu'il devrait y avoir un axe qui connecte avec la piste sur Lebourgneuf et le Corridor des Cheminots plus au nord.

  • Michel Vallée - Inscrit 12 décembre 2013 09 h 34

    ''Des citoyens ont même dit craindre que des cyclistes aillent uriner sur leur terrain''


    Cette réflexion m’a rendu hilare…

    Je m’imagine descendre de mon vélo pour pisser un bon coup sur la pelouse d’un bungalow, ou sur la devanture d’un immeuble à logement…

    Au prix où se vendent les vélos aujourd’hui, ça me fait drôle que les citoyens de la ville de Québec puissent m’associer à une engeance de blousons noirs !

    • Joanie Côté - Inscrite 12 décembre 2013 13 h 52

      Peut-être qu'on devrait faire attention aux piétons...ils pourraient se mettre à uriner partout où il y a des trottoires!

    • Yvan Dutil - Inscrit 12 décembre 2013 18 h 15

      Ce n'est pas une blague. J'étais là. C'était lors de la consultation pour la petite section de la piste entre l'aquarium de Québec et la promenade Samuel de Champlain.