Les premiers moments d’une nouvelle vie

Une vingtaine de réfugiés népalais sont arrivés jeudi à Québec, l’une des principales destinations d’accueil des réfugiés ciblées par le ministère de l’Immigration.
Photo: Renaud Philippe - Le Devoir Une vingtaine de réfugiés népalais sont arrivés jeudi à Québec, l’une des principales destinations d’accueil des réfugiés ciblées par le ministère de l’Immigration.

Québec — La semaine dernière, deux groupes de réfugiés sont arrivés dans la ville de Québec. Le Devoir a pu assister à leurs premiers moments dans la capitale.

Une bonne vingtaine de Népalais les attendaient dans le stationnement du Motel Doyon jeudi soir. L’un d’eux se préparait à retrouver sa fille et son gendre. Il ne les avait pas vus depuis un an et demi, époque où lui-même avait quitté le camp de réfugiés pour le Québec.

« Il les attend depuis longtemps. Il est très content », résumait l’interprète responsable de l’accueil, Tulshi Rasaily. Quatorze réfugiés du Népal et deux réfugiées colombiennes étaient attendus ce soir-là. Le lendemain, on en attendait autant, cette fois en provenance de la région des Grands Lacs en Afrique.

La ville de Québec fait partie des principales destinations d’accueil des réfugiés ciblées par le ministère de l’Immigration. D’ici à la fin de l’année, plus d’une centaine de personnes y seront accueillies.

« Ils arrivent directement de l’aéroport, prennent l’autobus et s’en viennent ici », explique Dominique Paddack du Centre multiethnique qui s’occupe de l’accueil. « Ici, ils sont logés et nourris pendant cinq jours. Pendant ce temps-là, on leur trouve des logements, on les aide pour les cartes de la RAMQ, l’assurance sociale et tous les documents. »

Une fois les réfugiés installés dans leurs chambres, M. Rasaily leur a expliqué comment fonctionnait la salle de bain, où se trouvaient les serviettes, etc. Une vingtaine de personnes se massaient autour, dont le jeune Mangal Sing Gulung, 20 ans, qui était arrivé dans la même chambre un an et demi plus tôt. De l’expérience, il avait surtout retenu l’avion. « C’était la première fois que je prenais l’avion, c’était tellement cool ! »


Long voyage

Mais dans la chambre voisine, une femme plus âgée disait qu’elle était « presque morte » tellement le voyage avait été long et fatigant. Dans une autre chambre un peu plus loin, des proches avaient apporté des plats de riz dans de grandes assiettes de métal. Accroupis par terre près des lits, les réfugiés mangeaient avec appétit en regardant Les Simpson à la télévision.

M. Raisaily a eu fort à faire ce soir-là parce qu’une partie des réfugiés avait décidé de partir sur-le-champ pour Ottawa. Un membre de la famille les attendait avec sa voiture. Il a fallu leur expliquer que ce n’était pas possible pour le moment, qu’il fallait remplir toutes sortes de papiers. « C’était très difficile de les motiver », a expliqué M. Rasaily. « Maintenant, ça va mieux. Quand ils arrivent à l’hôtel, ils ont un très très gros point d’interrogation sur comment ça marche. »