Ville de Québec - Terminal: un projet salutaire, selon les débardeurs

Le secteur où le Port de Québec souhaite construire un terminal de granules de bois est au ralenti depuis le début des années 1990.

 

« L’anse au Foulon, on ne se le cachera pas, c’était très tranquille, expliquait mardi le président du Syndicat des débardeurs, Stéphan Arsenault. Parce que c’était très tranquille, dormant, les gens qui étaient proches ont vu le calme arriver… Mais c’est pas ça vivre à côté d’un port. »

 

Selon M. Arsenault, l’activité a commencé à décliner à partir de 1993 avec le retrait de l’industrie du bois, suivi de celui de la pierre. Aujourd’hui, son regroupement compte 73 travailleurs permanents et 20 occasionnels, mais le projet de terminal de granules de bois les fait rêver. « C’est beaucoup de tonnage, beaucoup d’heures. […] On est près de 100 personnes. On a déjà été plus. La venue de ce projet-là va peut-être ramener justement les beaux jours. »

 

Classe mondiale

 

M. Arsenault assistait mardi après-midi à la conférence de presse d’Arrimage Québec (AQ), la compagnie de transbordement qui pilote le projet avec l’américaine Rentech. Malgré le torrent de critiques dont ils font l’objet, ni Arrimage Québec, ni le Port n’ont l’intention de reculer. Il s’agit du troisième dossier à les mettre sur la sellette en un an, après l’épisode de la poussière rouge et celui du nickel dans Limoilou.

 

Le directeur d’Arrimage Québec, Jean-François Dupuis, a vanté un « projet de classe mondiale » qui ferait des envieux. Son équipe a répété que l’entreprise avait respecté la loi fédérale et que son rôle était limité quant à l’acceptabilité sociale. « Avec la loi fédérale, ce n’est pas nous qui avons opté pour un processus plutôt qu’un autre, a plaidé la responsable des communications, Johanne Lapointe. Notre interlocuteur à nous, c’est le Port de Québec. »

 

En matinée, le patron du Port, Mario Girard, a soutenu qu’il irait de l’avant avec le terminal. Il a fait valoir que le débat transcendait ce projet. « Est-ce qu’au fond c’est la vocation portuaire du secteur de l’anse au Foulon que certains remettent en cause ? […] Il faut faire un vrai débat avant de tuer tous les projets », a-t-il dit.

 

Le maire critique

 

La veille, le maire de Québec, Régis Labeaume, avait déclaré que « la population s’était fait avoir » et que les plans que lui avait présentés le Port ne permettaient pas de mesurer l’ampleur des silos. M. Girard s’est dit « extrêmement surpris, déçu de cette déclaration ». Il maintient qu’il veut toujours faire du Port un modèle de développement durable et a promis de tenir des consultations publiques sur son avenir, mais l’an prochain, quand le projet de terminal sera déjà avancé.

 

Le président du Conseil régional de l’environnement, Alexandre Turgeon, s’est dit déçu. « J’ai envie de le croire quand il dit qu’il veut faire du Port un exemple en développement durable, mais le problème, c’est qu’il se comporte un peu comme quelqu’un qui dit qu’il veut [se désintoxiquer] alors qu’il boit trois bouteilles de vin par jour. »

 

Enfin, le Port de Québec et Arrimage Québec ont reçu un rare appui du monde politique mardi de la part du député Gérard Deltell, de la Coalition avenir Québec (CAQ).

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