Ville de Québec - Régimes de retraite: Labeaume est prêt à passer à l’attaque

Régis Labeaume
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Régis Labeaume

Québec — Régis Labeaume est pressé de voir le gouvernement et les syndicats bouger dans le dossier des relations de travail. Or en cas d’échec, le maire de Québec prévient qu’il gèlera les salaires de ses employés.

 

M. Labeaume souhaite que le syndicat contribue à 50 % du déficit des régimes de retraite des employés, l’équivalent de 17 millions de dollars par an. Pour réunir la somme, il veut les convaincre de réduire leurs avantages sociaux de 6 %.

 

C’est dans ce contexte qu’il demande instamment au gouvernement Marois de légiférer sur le Rapport D’Amours. En effet, avec ce nouveau cadre, les villes pourraient décréter des conditions de travail après une période fixe d’un an de négociations.

 

Pour convaincre les élus provinciaux, il table sur les prochaines élections québécoises. « Pour ceux et celles qui veulent par exemple se faire élire à Québec, je pense qu’il faut composer avec ça », a-t-il dit lundi matin.

 

Or s’il ne convainc ni les syndicats ni le gouvernement, le plan B est clair. « Ils [les syndicats] devraient venir s’asseoir maintenant parce que oui, j’ai besoin des lois pour changer à long terme le rapport de force, mais, en attendant, j’ai le pouvoir de retenir les augmentations de salaire. »

 

Tout devrait se passer dans la semaine du 24 novembre où le maire de Québec compte « multiplier » les rencontres avec les élus et convoquer tous les chefs syndicaux. Dans le passé, cette démarche avait échoué, mais Régis Labeaume est certain de pouvoir aller plus loin grâce à son fameux « mandat fort ».

 

Accrochage Labeaume-Coderre

 

Le syndicat des cols blancs trouve quant à lui que ça ne fait aucune différence. « Ça ne change absolument rien. Ça n’a aucun impact sur la table de négo », a affirmé le président Jean Gagnon qui s’est doté d’un mandat de grève pendant la campagne.

 

Du côté du gouvernement de Pauline Marois, on refusait également lundi de donner trop de poids à sa performance électorale. « C’est pas comme ça que ça marche la démocratie. Il y a des gens qui sont interpellés sur plusieurs dossiers, a commenté le ministre des Affaires municipales Sylvain Gaudreault. Il ne faut pas mettre tout le monde dans le même panier quand on parle de la population. »

 

Quant au nouveau maire de Montréal Denis Coderre, cette question lui a valu son premier accrochage avec M. Labeaume à qui il avait dit de se « calmer » dans ce dossier. En fin de matinée, le maire de Québec a fait savoir qu’il n’avait guère apprécié le commentaire, mais les deux hommes ont vite minimisé la mésentente.

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